BASSIROU DIOMAYE FAYE À LA TRIBUNE DES NATIONS UNIES: « Nous avons besoin d’une ONU plus forte, plus représentative et plus efficace »
À la tribune de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), à New York, le président Bassirou Diomaye Faye a appelé, hier, à restaurer la confiance dans le multilatéralisme. Face aux conflits, à l’urgence climatique et aux difficultés financières de l’ONU, il a plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité. Il a également réaffirmé le soutien du Sénégal à la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation.
« Comme l’année dernière, nous nous réunissons encore dans un contexte mondial inquiétant », a déclaré Bassirou Diomaye Faye. Pour le chef de l’État, les crises qui secouent le monde révèlent une perte de confiance entre les États, envers les institutions internationales et dans la capacité du droit international à faire respecter les engagements pris. Cette défiance touche, selon lui, à la promesse fondatrice des Nations unies : « préserver les générations futures du fléau de la guerre et promouvoir le progrès économique et social pour tous ».
Des conflits qui fragilisent la paix mondiale
Évoquant les guerres en Ukraine, au Moyen-Orient et au Soudan, ainsi que les crises en Haïti et au Yémen, le président sénégalais a alerté sur la dégradation de la paix et de la sécurité internationales. Il s’est également inquiété de l’expansion du terrorisme au Sahel. À Gaza et dans les autres territoires palestiniens occupés, il a dénoncé des souffrances humaines « inacceptables » et appelé à mettre fin aux massacres et aux destructions. Il a réaffirmé son attachement à la solution à deux États : « la Palestine, avec Jérusalem-Est comme capitale, et Israël », vivant côte à côte dans des frontières sûres et internationalement reconnues.
En sa qualité de président en exercice de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye a assuré qu’il poursuivrait ses efforts en faveur de la paix dans la sous-région, en collaboration avec l’Union africaine et les Nations unies. La lutte contre le terrorisme doit, a-t-il souligné, être menée collectivement en raison du caractère transfrontalier de cette menace.
« Le Sahel ne doit pas être abandonné »
Le chef de l’État a averti que la déstabilisation du Sahel aurait des conséquences bien au-delà de la région. Il a aussi évoqué l’aggravation des crises sanitaires, le creusement des inégalités et le coût humain, économique et social du changement climatique. Sur les questions environnementales, il a rappelé l’ambition portée par le Sénégal et les Émirats arabes unis pour la troisième Conférence des Nations unies sur l’eau, prévue à la fin de l’année.
Estimant que la paix durable est indissociable du développement, Bassirou Diomaye Faye a défendu une réforme de l’architecture financière internationale, un traitement soutenable de la dette, une fiscalité mondiale plus équitable et un meilleur accès aux financements concessionnels. Il a également appelé à mettre en œuvre l’Engagement de Séville et le Pacte pour l’avenir.
Une ONU à renforcer et un Conseil de sécurité à réformer
Le président a reconnu que la situation financière de l’ONU pèse sur sa capacité d’action, notamment sur les opérations de paix. Il a aussi relevé les retards considérables dans la réalisation des Objectifs de développement durable. Ces difficultés ne doivent toutefois pas conduire à abandonner le multilatéralisme, a-t-il soutenu : « C’est précisément parce que le monde traverse une accumulation de crises sans précédent que nous avons besoin d’une Organisation des Nations Unies plus forte, plus représentative et plus efficace ».
Bassirou Diomaye Faye a ensuite appelé à accélérer la réforme du Conseil de sécurité, dont la composition, selon lui, ne reflète plus les réalités contemporaines. Il a rappelé la position africaine commune portée par le consensus d’Ezulwini et annoncé la candidature du Sénégal à un siège non permanent pour la période 2032-2033.
Un nouvel appui à Macky Sall
Abordant la succession à la tête des Nations unies, le chef de l’État a estimé que l’Organisation avait besoin d’un secrétaire général capable de dialoguer avec tous les États membres. Il a renouvelé son soutien à la candidature de son prédécesseur, Macky Sall. « C’est l’occasion pour moi de renouveler mon appui à sa candidature et de réitérer la demande de soutien du Sénégal auprès des États membres », a lancé le chef de l’Etat qui avait reçu peu avant le ministre Russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, en présence de Macky Sall dont il a plaidé la cause.
En outre, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que le Sénégal accueillera, du 31 octobre au 13 novembre 2026, les Jeux olympiques de la jeunesse. Ce premier événement olympique organisé en Afrique réunira 2 700 jeunes athlètes issus de 206 comités nationaux olympiques.
Mame Ndella FAYE

