La Chronique de MLD: La classe politique à l’école de Mané. Par Mamadou Lamine DIATTA
« Il faut apprendre à être éternel »
Docteur Abdou Khadre Sanogo sociologue
Dans ce pays en manque criant de liquidités, confronté par-dessus le marché à une crise énergétique aigüe qui asphyxie les ménages et les entreprises, on ne saurait disposer de la lumière Sadio Mané et se permettre d’ergoter sur la castagne politicienne Kiiraye vs Pastef sous l’arbitrage amusé de l’APR-Macky Sall. Ce serait alors à désespérer du Sénégal.
L’investissement de 11,7 milliards FCFA lancé par Sadio Mané dans son fief de Bambali n’a rien de banal ou de fortuit. Surtout dans un pays où les contempteurs irréductibles du régime en place insistent sur le fait que la seule réalisation palpable du pouvoir en termes de bilan matériel reste la statue de Lat-Dior érigée à Thiès et inaugurée en grande pompe le 12 décembre 2024 par le Chef de l’Etat himself. Dans un contexte aussi électrique, ce projet au nom évocateur de SM-10 AGRO défie le temps et l’espace et s’impose naturellement comme le symbole d’une véritable embellie, disons un motif vivant d’espoir pour ceux qui croient encore en l’avenir de notre pays.
Après le lycée de Bambali (153 millions cfa), le centre de santé (+350 millions cfa), le complexe sportif multifonctionnel, la station-service, la boulangerie, la mosquée et les soutiens financiers discrets aux familles démunies, Mané s’essaie au secteur secondaire. Ici, il s’agit particulièrement de l’agro-industrie. Autrement dit d’un projet immense avec comme marqueur essentiel une chaîne de valeurs empruntant la fameuse image de la fourche à la fourchette.
Autrement dit, Sadio Mané déserte expressément les sentiers de la facilité pour se projeter dans la résilience. Il aurait pu faire comme beaucoup de profils nantis en préférant l’immobilier mais l’industrie qui a emporté sa préférence reste particulièrement un domaine ardu qui requiert passion et foi en DIEU. Un industriel est souvent décrit comme quelqu’un qui aime flirter avec le risque tant il s’agit d’un secteur où les profits immédiats sont pour le moins hypothétiques. Mais dans le cas d’espèce, l’investisseur est davantage préoccupé par la satisfaction morale d’avoir été utile à la communauté pour avoir créé des emplois massifs des richesses et de la valeur ajoutée par la transformation systémique des produits bruts à savoir la mangue, l’anacarde et d’autres spéculations.
Ceux qui ont déjà visité la Casamance un moment appelé le grenier du Sénégal comprendront aisément les enjeux de de ce projet structurant qui va régler énormément de problèmes. La Casamance naturelle souffre énormément de pertes post- récoltes d’une ampleur innommable. De ce point de vue, ce projet de SM10 qui va créer plus de 1000 emplois est exactement une Révolution. Sans exagération !
Il est évident qu’avec 11 milliards, le Projet de Sadio Mané a sûrement prévu son autonomie énergétique par ces temps de délestages intempestifs d’une Senelec qui cause beaucoup de tort aux entreprises sénégalaises
Ce pays est plus que jamais une mine d’opportunités avec un potentiel immense et un capital humain de qualité. De ce point de vue, le Leadership transformationnel dont le footballeur en activité Sadio Mané fait montre, est tout simplement inspirant. Une belle leçon pour cette élite politico-affairiste vorace davantage préoccupée à faire main basse sur les maigres ressources du Sénégal en se battant H 24 pour accéder à des positions de pouvoir sans aucun impact sur le quotidien des pauvres populations.
Sadio Mané est exactement à classer dans le cercle restreint des capitaines d’industrie, sortes de modèles de réussite à l’utilité sociale remarquable à l’image de profils comme les regrettés Ndiouga Kébé, Djily Mbaye, Babacar Niang ancien PDG Cafal, Aliou Sow (Président –Fondateur CSE), Mactar Sow (SIPL/SENLAIT) ou encore Babacar Ngom (Sedima), Racine Sy (industrie hôtelière) Youssou Ndour (arts- communication), Serigne Mboup (CCBM/ Textile)…
Ce pays nous survivra mais il faut juste que « chacun apprenne à être éternel » pour reprendre les propos empreints de sagesse du sociologue Docteur Abdou Khadre Sanogo.

