Société

COMMÉMORATION DE LA CÉLÈBRE PRIÈRE SUR LA MER: À Diamalaye, les talibés se souviennent des « deux rakaas » de Serigne Touba

La célèbre prière sur la mer accomplie par Cheikh Ahmadou Bamba le 21 septembre 1895 a été commémorée les 20 et 21 septembre 2026 sur la plage de Diamalaye-Yoff. Venus en grand nombre, les fidèles ont effectué les « deux rakaas », partagé des repas et renouvelé leur attachement au fondateur du mouridisme. L’événement a également profité à certains conducteurs de motos-taxis, même si tous n’ont pas réalisé de bonnes affaires.

Le « Fattaliku Julli Geej Gi », communément appelé commémoration de la célèbre prière sur la mer, a été célébré durant deux jours, les 20 et 21 septembre 2026, sur la plage de Diamalaye-Yoff. Cet événement rappelle la prière accomplie par Cheikh Ahmadou Bamba le 21 septembre 1895, avant son exil au Gabon.

Comme à l’accoutumée, des fidèles composés d’hommes, de femmes et d’enfants ont convergé vers ce lieu symbolique pour accomplir les « deux rakaas » et renouveler leur attachement à Serigne Touba. Venus notamment de plusieurs quartiers de la banlieue dakaroise, les pèlerins accordent une grande importance à cette commémoration qu’ils considèrent comme le rappel d’un acte de foi exceptionnel.

Pour faciliter les déplacements des talibés, plusieurs axes ont été sécurisés et certaines voies interdites à la circulation. Du marché Dior jusqu’à Diamalaye-Yoff, le trafic était particulièrement dense. Les véhicules avançaient au ralenti, tandis que les piétons éprouvaient des difficultés à se frayer un passage. Au rond-point Diamalaye, les policiers ont interdit l’accès aux voitures et aux motos-taxis communément appelées « thiak-thiak ».

Vêtus, pour beaucoup, de tenues blanches et de grands boubous, les fidèles ont magnifié cette cérémonie religieuse dans une ambiance de ferveur et de recueillement. De nombreux « berndés » ont également été organisés. Des repas ont ainsi été gracieusement servis aux pèlerins afin de les accompagner tout au long de l’événement. 

Les « thiak-thiak » se frottent les mains

Au carrefour situé en face du marché Dior, plusieurs conducteurs de motos-taxis attendaient les clients souhaitant se rendre à Diamalaye-Yoff. Si certains ont tiré leur épingle du jeu, d’autres se sont montrés moins satisfaits. Trouvé assis sur sa moto, le sourire aux lèvres, Amadou Diop se réjouit de sa journée. « Les clients étaient nombreux aujourd’hui grâce à la commémoration des deux rakaas de Serigne Touba à Diamalaye-Yoff. J’ai gagné de l’argent parce que j’ai effectué beaucoup de trajets. Certains fidèles étaient pressés et ont préféré prendre un moyen de transport, tandis que d’autres ont choisi de marcher. Le trajet est fixé à 1 000 francs CFA », explique-t-il.

Le jeune conducteur souhaite que ce genre d’événement soit organisé plus souvent en raison de son impact positif sur son activité. À quelques mètres de lui, Assane Guèye, un autre conducteur de « thiak-thiak », confirme cette tendance. « Aujourd’hui, j’ai transporté davantage de clients vers Diamalaye que je n’ai effectué de livraisons. Lorsque vous leur demandez leur destination, ils répondent directement : Diamalaye. J’y trouve vraiment mon compte. Ces événements font bouger les choses », se réjouit-il. Assane Guèye assure toutefois ne pas avoir profité de l’affluence pour augmenter ses tarifs. Le prix du trajet est resté fixé à 1 000 francs CFA, soutient-il.

Aïssatou Mbène COULIBALY