STIGMATISATION DE LA COMMUNAUTÉ PEULE DE GUINÉE AU SÉNÉGAL: Le Collectif contre la xénophobie alerte sur une menace pour la cohésion sociale
Le Collectif des associations contre la xénophobie s’est réuni, hier, pour dénoncer la montée de discours, d’actes et de comportements xénophobes visant des étrangers établis au Sénégal. Selon ses membres, ce phénomène, s’il n’est pas combattu avec lucidité et responsabilité, pourrait fragiliser la cohésion sociale, menacer la paix et ternir l’image du pays.
Le Collectif des associations contre la xénophobie est monté au créneau, à l’occasion d’une conférence de presse, pour appeler les Sénégalais au respect et à la bienveillance envers les communautés étrangères. « Le Sénégal a toujours été une terre d’accueil, d’échanges et de brassage humain. Des Sénégalais vivent, travaillent et entreprennent partout dans le monde. De la même manière, de nombreuses communautés étrangères vivent aujourd’hui au Sénégal. C’est une réalité que l’on ne peut plus ignorer », a déclaré Mouhamadou Ba, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et membre du collectif.
Celui-ci a toutefois rappelé que nul n’est au-dessus de la loi. Lorsqu’une personne commet une faute ou une infraction, elle doit répondre individuellement de ses actes devant la justice, indépendamment de sa nationalité, de son origine ou de son appartenance communautaire. En revanche, a-t-il averti, extrapoler les actes d’un individu pour accuser toute une communauté constitue « un glissement très dangereux ». « C’est pourquoi nous souhaitons attirer l’attention sur la stigmatisation de certaines communautés étrangères vivant au Sénégal, notamment les Peuls originaires de la République de Guinée », a-t-il souligné.
Le collectif a ainsi condamné avec la plus grande fermeté toute forme de stigmatisation visant les communautés étrangères en général, et la communauté peule de Guinée établie au Sénégal en particulier. Il a rappelé que ses membres travaillent, étudient, entreprennent, créent des emplois et participent activement à la vie économique, sociale et culturelle du pays. « Ils ont certes des devoirs à respecter, mais ils disposent également de droits et d’une dignité qui doivent être préservés et protégés », a insisté le collectif.
Les membres de l’organisation ont, par ailleurs, interpellé publiquement Tahirou Sarr et les mouvements nationalistes. À leurs yeux, la question de l’immigration mérite un débat public « sérieux, contradictoire et documenté ». Si le débat sur l’immigration peut être légitime, ont-ils précisé, la stigmatisation d’une communauté ne saurait l’être.
Le collectif a enfin appelé les médias et les créateurs de contenu à faire preuve de rigueur et de responsabilité dans le traitement de l’information. « Avant de diffuser une information, il faut en vérifier l’exactitude. Une information responsable peut renforcer la cohésion sociale et contribuer à l’apaisement. En revanche, une information erronée ou irresponsable peut devenir une source de tensions », a averti le collectif.
Mame Ndella FAYE

