Société

XÉNOPHOBIE EN AFRIQUE DU SUD: 60 Sénégalais rapatriés, dont 23 enfants

Soixante Sénégalais, parmi lesquels 23 enfants et une dizaine de femmes, ont été rapatriés d’Afrique du Sud. Ils sont arrivés dans la nuit du lundi 31 août 2026 à l’Aéroport international Blaise-Diagne (AIBD), où ils ont été accueillis par le directeur des Sénégalais de l’extérieur, Abdou Karim Cissé. Ce rapatriement intervient dans un contexte de tensions et de difficultés croissantes pour les ressortissants étrangers vivant dans ce pays.

« Nous avons accueilli aujourd’hui 60 Sénégalais », a déclaré Abdou Karim Cissé. Selon lui, l’opération fait suite aux instructions du président de la République, du Premier ministre et du ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, visant à « accompagner, protéger et assister » les Sénégalais établis à l’étranger.

Le directeur des Sénégalais de l’extérieur a salué le rôle de l’ambassade du Sénégal à Pretoria dans l’identification, l’inscription et l’accompagnement des compatriotes désireux de rentrer au pays. Un premier groupe de six à sept personnes avait déjà été rapatrié la semaine précédente. D’autres retours pourraient intervenir dans les prochains jours ou mois.

À leur arrivée, les rapatriés devraient bénéficier d’un accompagnement destiné à faciliter leur réintégration sociale et économique. Des fiches sont établies afin d’évaluer leur parcours, leur profil et leurs projets, avant leur orientation vers les Bureaux d’accueil, d’orientation et de suivi (BAOS), présents dans les 14 régions du Sénégal.

Le dispositif prévoit notamment une prise en charge psychosociale des personnes ayant vécu des situations traumatisantes, ainsi qu’une aide à la réinsertion économique à travers la formation, le financement de projets ou l’insertion professionnelle.

Abdou Karim Cissé a également appelé les Sénégalais à éviter tout discours stigmatisant à l’égard des communautés étrangères établies au Sénégal. « Il faut qu’on arrête de stigmatiser les étrangers », a-t-il insisté, rappelant que le Sénégal est « un pays de droit » où les lois et règlements doivent être respectés par tous.

« Nous avions tous peur », témoigne une rapatriée

Parmi les personnes rapatriées, Fatoumata Bintou Sidibé, dite Aïcha, a témoigné des difficultés vécues en Afrique du Sud. Elle affirme avoir été contrainte de cesser de travailler en raison de la peur et de la multiplication des contrôles visant les étrangers.

« Nous avions tous peur. Je ne pouvais plus travailler », a-t-elle raconté, évoquant également des propos hostiles à l’égard des étrangers. Son témoignage illustre le climat d’insécurité et d’inquiétude qui a poussé plusieurs Sénégalais à solliciter leur retour au pays.

Mariem DIA