JUSTICE FRANÇAISE: Juan Branco menacé d’un procès pour viol à Paris
Le parquet de Paris a requis le renvoi de l’avocat franco-espagnol Juan Branco devant la cour criminelle départementale pour le viol présumé d’une jeune femme au printemps 2021. Très connu au Sénégal pour avoir participé à la défense d’Ousmane Sonko, le pénaliste de 37 ans conteste les accusations portées contre lui. La décision finale appartient désormais au juge d’instruction.
Juan Branco pourrait prochainement comparaître devant une juridiction criminelle française. Dans son réquisitoire définitif rendu le 6 août 2026, le parquet de Paris a demandé que l’avocat franco-espagnol soit jugé pour le viol présumé d’une jeune femme au printemps 2021. L’information, révélée par Libération et Le Parisien, a été confirmée ce mardi 1er septembre par des sources proches du dossier citées par l’Agence France-Presse.
Le ministère public estime que les éléments recueillis au cours de l’instruction justifient le renvoi de l’avocat devant la cour criminelle départementale. Cette juridiction juge, sans jury populaire, les crimes passibles de quinze à vingt ans de réclusion. Les faits remontent à avril 2021. Une jeune femme avait accusé Juan Branco de lui avoir imposé un rapport sexuel à son domicile parisien. L’avocat a toujours contesté toute violence ou contrainte et soutenu que la relation était consentie. Placé en garde à vue en juin 2021, il avait ensuite été mis en examen pour viol en novembre de la même année. Sa défense avait alors dénoncé des accusations « dépourvues de fondement ».
Deux autres accusations écartées par le parquet
Dans le même réquisitoire, le parquet a demandé un non-lieu concernant les accusations de viol et d’agression sexuelle formulées par deux autres plaignantes. Juan Branco avait également été mis en examen dans ces deux volets de l’affaire, mais le ministère public considère que les charges réunies ne permettent pas de justifier un procès.
Ces réquisitions ne constituent toutefois pas une décision définitive. Il revient désormais au juge d’instruction chargé du dossier de prononcer une ordonnance de mise en accusation devant la cour criminelle ou, au contraire, un non-lieu. Juan Branco demeure présumé innocent tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée.
Une figure proche de Pastef
Cette affaire devrait connaître un retentissement particulier au Sénégal, où Juan Branco s’est fait connaître comme membre du collectif d’avocats d’Ousmane Sonko et de Pastef. En 2023, au plus fort de la confrontation entre l’opposant et le régime de Macky Sall, il avait multiplié les déclarations contre les autorités sénégalaises et engagé des procédures internationales concernant la répression des manifestations politiques.
Visé par un mandat d’arrêt international émis par la justice sénégalaise, il était entré clandestinement sur le territoire avant de participer, le 30 juillet 2023, à une conférence de presse des avocats d’Ousmane Sonko. Interpellé quelques jours plus tard alors qu’il tentait de quitter le pays, il avait été transféré à Dakar, inculpé notamment pour complot, diffusion de fausses nouvelles et actes de nature à compromettre la sécurité publique, puis placé sous mandat de dépôt.
Après deux nuits de détention, Juan Branco avait été libéré sous contrôle judiciaire et expulsé vers la France le 7 août 2023. Cet épisode avait fait de lui l’une des figures les plus médiatisées de la bataille politique et judiciaire opposant Ousmane Sonko au pouvoir de Macky Sall. Le sort judiciaire de l’avocat dépend maintenant de l’ordonnance du juge d’instruction parisien. En cas de renvoi, Juan Branco devra répondre devant la cour criminelle départementale des accusations qu’il réfute depuis le début de l’affaire.
Mariem DIA

