COURSE A L’ONU : DEUXIÈME VOTE INDICATIF: Macky Sall dans la zone rouge
L’ancien président sénégalais Macky Sall peine à s’imposer dans la course à la succession d’António Guterres. Lors du deuxième « straw poll » (vote indicatif) organisé ce vendredi 21 août par le Conseil de sécurité des Nations unies, il a recueilli 6 mentions « encourage », contre 7 « décourage » et 2 « sans opinion ». Il se classe ainsi quatrième parmi les huit candidats en lice.
La course à la succession d’António Guterres se précise, mais la candidature de Macky Sall traverse une zone de turbulences. Les résultats du deuxième vote indicatif organisé ce vendredi 21 août par le Conseil de sécurité de l’ONU montrent que l’ancien président sénégalais reste confronté à d’importantes réserves au sein de l’instance onusienne.
Selon le tableau des résultats de ce second « straw poll », vote informel et anonyme destiné à mesurer le niveau de soutien dont bénéficie chaque candidat, Macky Sall a obtenu 6 mentions « encourage », 7 « décourage » et 2 « sans opinion ». Avec ce résultat, le candidat sénégalais se classe quatrième sur les huit prétendants au poste de Secrétaire général des Nations unies.
Le résultat ne traduit toutefois pas une dynamique favorable pour l’ancien chef de l’État. Les avis défavorables sont désormais plus nombreux que les soutiens, avec sept « décourage » contre six « encourage ». Un signal qui montre que Macky Sall devra encore convaincre plusieurs membres du Conseil de sécurité pour espérer rester pleinement dans la course.
Carolyn Rodrigues-Birkett prend la tête
La tête du classement est désormais occupée par Carolyn Rodrigues-Birkett, qui recueille 8 mentions « encourage », contre 3 « décourage » et 4 « sans opinion ». Elle devance Rebeca Grynspan, créditée de 7 avis favorables, 4 défavorables et 4 sans opinion. La Costaricienne avait déjà terminé en tête du premier vote indicatif organisé le 30 juillet dernier.
Rafael Grossi complète le trio de tête avec 7 « encourage », 6 « décourage » et 2 « sans opinion ». Macky Sall arrive juste derrière. Olara Otunnu, María Fernanda Espinosa Garcés, Michelle Bachelet et Ivonne A-Baki figurent également parmi les candidats soumis au vote. Cette dernière n’aurait obtenu aucune mention « encourage ».
Pour Macky Sall, ce deuxième tour constitue donc un sérieux avertissement. Avec davantage d’avis défavorables que favorables, l’ancien président sénégalais n’est pas encore parvenu à créer une dynamique suffisamment forte au sein du Conseil de sécurité. Une situation qui pourrait compliquer la suite de sa campagne, alors que les différents tours de consultations doivent progressivement faire émerger une candidature capable de réunir un large consensus.
La position de Macky Sall est d’autant plus suivie qu’il est le seul candidat ouest-africain engagé dans cette course. Son parcours revêt ainsi un enjeu particulier pour la représentation de l’Afrique de l’Ouest dans la compétition.
Un processus encore loin d’être bouclé
Le « straw poll » ne constitue cependant pas un vote définitif. Il s’agit d’un mécanisme informel permettant aux membres du Conseil de sécurité de tester la solidité des différentes candidatures avant les étapes décisives du processus.
Pour être recommandé à l’Assemblée générale de l’ONU, le candidat devra recueillir au moins neuf voix favorables au Conseil de sécurité, sans faire l’objet d’un veto de l’un des cinq membres permanents : la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie.
À ce stade, aucun candidat ne semble donc disposer d’un soutien suffisant pour s’assurer de l’issue du processus. De nouvelles candidatures pourraient également apparaître si le Conseil de sécurité ne parvient pas à dégager un consensus.
Les prochains tours seront dès lors déterminants. Ils permettront de voir si les candidats actuellement en tête consolident leur avance ou si la hiérarchie est bouleversée. Pour Macky Sall, l’enjeu sera surtout de renverser la tendance en réduisant le nombre d’avis défavorables et en élargissant ses soutiens.
La bataille reste donc ouverte. Mais ce deuxième vote indicatif montre que l’ancien président sénégalais devra encore convaincre pour espérer succéder à António Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre 2026.
Mariem DIA

