BRAS DE FER AUTOUR DE L’AMÉNAGEMENT DE LA CORNICHE OUEST: L’AGETIP recadre Abass Fall et invoque un arbitrage de l’État
La polémique autour de l’aménagement de la Corniche Ouest prend une nouvelle tournure. Après les déclarations du maire de Dakar, Abass Fall, le Directeur général de l’Agence d’exécution des travaux d’intérêt public (AGETIP), El Hadji Malick Gaye, est sorti de sa réserve. Dans un communiqué publié, il affirme que le déplacement des équipements de musculation installés par la Ville de Dakar sur l’emprise dite du « Dragon » résulte d’un arbitrage de l’État. Il rappelle également que le projet de réaménagement de la Corniche est déclaré d’utilité publique.
Le ton monte entre la Ville de Dakar et l’AGETIP autour de l’occupation et de l’aménagement de certaines emprises de la Corniche Ouest. Mis en cause par le maire de Dakar, Abass Fall, qui a vivement dénoncé la gestion de certains aménagements, le Directeur général de l’AGETIP, El Hadji Malick Gaye, a décidé de livrer sa version des faits. Dans sa mise au point, le patron de l’AGETIP rappelle d’abord que son agence intervient comme maître d’ouvrage délégué dans le cadre des orientations arrêtées par l’État. Il souligne surtout que le projet d’aménagement de la Corniche Ouest est une opération d’intérêt national réalisée sur des emprises relevant du domaine public maritime et déclarée d’utilité publique.
Le « Dragon » au cœur du différend
Le différend porte notamment sur l’installation d’équipements de musculation offerts à la Ville de Dakar par le gouvernement chinois. Selon El Hadji Malick Gaye, l’AGETIP n’a jamais été opposée à leur installation. Ses services auraient même proposé plusieurs sites susceptibles de les accueillir sans compromettre les aménagements déjà programmés. La situation se serait tendue lorsque les représentants de la Ville ont souhaité installer ces équipements sur l’emprise du « Dragon ».
D’après le DG de l’AGETIP, cette zone est destinée à accueillir une importante infrastructure sportive. Le « Dragon », long d’environ 300 mètres, doit, selon lui, recevoir une installation pouvant accueillir simultanément plus de 300 personnes. « D’autres emprises étaient disponibles pour accueillir les petits équipements de musculation », explique-t-il en substance. Malgré les échanges avec le maire de Dakar, les équipements auraient été installés sur l’emprise contestée environ 48 heures plus tard.
« Nous ne faisons qu’appliquer une décision de l’État »
Face à cette situation, l’État a finalement tranché. Selon l’AGETIP, l’arbitrage rendu demande le déplacement des équipements de musculation, en concertation avec la Ville de Dakar, vers les sites qui avaient initialement été proposés. L’agence rejette ainsi toute responsabilité propre dans la décision de déplacer les installations. « L’AGETIP ne fait donc qu’appliquer une décision relevant de l’autorité de l’État », précise son Directeur général, qui justifie cette mesure par la nécessité de préserver une emprise réservée à un projet déclaré d’utilité publique.
Tout en regrettant la tournure prise par le différend, El Hadji Malick Gaye assure que son agence n’a jamais voulu empêcher la municipalité de développer des équipements sportifs sur la Corniche. Il soutient, au contraire, que des solutions alternatives ont été proposées pour permettre l’installation du matériel offert par la Chine tout en préservant les ouvrages prévus par l’État. Le DG de l’AGETIP invite ainsi à distinguer l’initiative de la municipalité du projet d’aménagement global porté par l’État. Il assure ne vouloir engager aucune « polémique institutionnelle » avec la Ville de Dakar et dit privilégier « le dialogue, la concertation et l’intérêt général. La Corniche Ouest appartient à tous les Sénégalais ».
Adama AIDARA

