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ÉCLIPSE SOLAIRE PARTIELLE AU SÉNÉGAL: L’astronome Maram Kaïré explique le phénomène

Le Sénégal a été témoin, ce mercredi 12 août, d’une éclipse solaire partielle. Sur la Corniche ouest de Dakar, le phénomène a attiré un public nombreux venu observer ce spectacle astronomique. L’astronome Maram Kaïré, Directeur général de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES), revient sur les mécanismes de cette éclipse et explique pourquoi le Sénégal n’a pas connu la totalité du phénomène.

« Ce que nous venons de vivre est un phénomène astronomique qu’on appelle une éclipse, explique Maram Kaïré. Au Sénégal, il s’agissait plus précisément d’une éclipse solaire partielle, provoquée par le passage de la Lune entre le Soleil et la Terre. À cet instant, la Lune projette son ombre sur une partie de la surface terrestre, occultant ainsi une portion du disque solaire. Lorsque l’observateur se trouve au centre de la zone d’ombre, le Soleil est entièrement masqué : il s’agit alors d’une éclipse totale. En revanche, lorsque l’observateur se situe en périphérie de cette zone, seule une partie du Soleil est cachée ».

C’est précisément cette dernière situation qui a été observée au Sénégal. Selon Maram Kaïré, « l’éclipse du 12 août était un phénomène d’ampleur mondiale. La bande de totalité, correspondant à la zone dans laquelle le Soleil était entièrement occulté, traversait notamment l’Arctique, le Groenland et l’Islande, avant de poursuivre sa trajectoire vers l’Espagne et de s’achever au coucher du Soleil au-dessus du nord de l’Afrique ». « Le Sénégal se trouve largement au sud de cette bande de totalité, précise-t-il. Aucune région du pays ne pouvait donc observer une éclipse totale. Le territoire sénégalais se trouvait dans la zone périphérique de l’ombre lunaire, permettant uniquement d’assister à une éclipse partielle ».

Selon les estimations communiquées, environ 36 à 40% du disque solaire ont été masqués au Sénégal, avec des variations selon les lieux d’observation. À Dakar, le phénomène a notamment été suivi depuis la Corniche ouest, où un public nombreux s’est rassemblé pour assister à ce rendez-vous astronomique. Les conditions météorologiques ont également contribué à la réussite de l’observation. Malgré la période d’hivernage, le ciel s’est suffisamment dégagé pour permettre au public de suivre les différentes phases de l’éclipse. Des lunettes spéciales ont été distribuées afin de garantir une observation sécurisée du Soleil. Des instruments astronomiques, notamment des télescopes, ont également été utilisés pour projeter l’image de l’astre et permettre au public de suivre le phénomène sans regarder directement le Soleil.

Pour Maram Kaïré, cette éclipse constitue également une illustration spectaculaire de la précision des connaissances scientifiques sur les mouvements des astres. « Les mathématiques et la physique permettent de prédire les éclipses avec une grande précision », souligne-t-il. Les astronomes sont ainsi capables de calculer longtemps à l’avance les dates, les horaires et les trajectoires de ces phénomènes célestes grâce à la connaissance des mouvements de la Terre et de la Lune autour du Soleil.

Au-delà du spectacle offert au public, l’éclipse du 12 août aura ainsi constitué une occasion de sensibiliser davantage les Sénégalais à l’astronomie et aux mécanismes qui régissent le système solaire. Pour Maram Kaïré, l’événement était d’autant plus exceptionnel que les conditions d’observation étaient favorables à Dakar. « C’était un événement qu’il ne fallait pas rater », estime-t-il, informant que le prochain rendez-vous astronomique annoncé est prévu le 6 février 2027, offrant aux passionnés du ciel une nouvelle occasion d’observer un phénomène céleste remarquable.

Mariem DIA