Société

Quand les lieux de protection deviennent des espaces de risque

Les deux dossiers rapportés dans l’édition du jour de Libération soulèvent une préoccupation commune : des enfants auraient été exposés à des violences précisément dans les environnements où ils devraient être protégés. Le premier concerne des pensionnaires mineurs d’une école de football et un encadrement sportif mis en cause. Le second porte sur une adolescente victime d’un proche dans son environnement familial.

Au-delà de la qualification judiciaire des faits, ces affaires posent une question qui intéresse directement les professionnels de la protection de l’enfance : comment s’assurer que les espaces dans lesquels l’enfant est confié à des adultes sont effectivement des espaces sûrs ?

Au-delà de l’intervention : vers une prévention institutionnelle

La protection de l’enfance est généralement pensée à partir du moment où le danger est identifié : signalement, enquête, prise en charge, mesure judiciaire ou sociale. Mais une politique efficace doit aussi agir en amont. Une école, un internat, un club sportif, une structure religieuse ou un centre de formation qui reçoit des enfants devient, de fait, un espace de responsabilité particulière. L’enfant y est placé dans une relation d’autorité et de confiance avec des adultes. Cette asymétrie impose des garanties.

C’est peut-être là que réside la réflexion la plus importante pour nos métiers : l’inspection ne devrait pas être uniquement perçue comme une intervention qui arrive après le problème. Elle peut aussi être un instrument de prévention. Inspecter, ce n’est pas seulement rechercher ce qui ne va pas. C’est aussi vérifier que le système est organisé pour empêcher que le danger survienne et pour savoir réagir lorsqu’il survient.

Contrôler : une responsabilité qui dépasse l’administratif

Qui contrôle réellement les conditions dans lesquelles les enfants sont accueillis, encadr