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LISTE DES ASSUJETIS A LA DÉCLARATION DE PATRIMOINE DE L’OFNAC: Des écarts importants entre les institutions

L’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) a rendu publique sa liste provisoire relative à la déclaration de patrimoine. L’exploitation de ce document fait apparaître d’importants écarts dans le niveau de conformité entre les institutions de la République et les différentes administrations publiques.

L’Assemblée nationale affiche ainsi 19 déclarants sur 21 personnes recensées, soit un taux de 90,5%, tandis que la Présidence de la République enregistre 150 déclarants sur 167, correspondant à 89,8%. A l’Assemblée, le président Ousmane Sonko s’est notamment conformé à la loi, tout comme plusieurs membres du bureau, dont les vice-présidents, les présidents de groupes parlementaires et les questeurs. Par contre, l’OFNAC constate que Raqui Diallo, huitième vice-présidente, figure parmi les défaillants. Le nom de Cheikh Thioro Mbacké, ancien troisième vice-président, apparaît également dans le document. L’OFNAC apporte toutefois une précision à son sujet : il n’est désormais plus assujetti, mais n’a effectué aucune déclaration de patrimoine durant son mandat.

Du côté de la Présidence de la République, sept personnalités défaillantes sont recensées. Il s’agit notamment de Fatou Isidora Mara, représentante personnelle du chef de l’État auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie, Abdoulaye Bathily, envoyé spécial du président de la République, et Mamadou Ndiaye, chef du Service du protocole présidentiel. La liste comprend également Ahmed Bachir Sow (CDP), El Hadji Abdoulaye Mbengue (CN-ITIE), Mame Diarra Lo (ARTP) et Moustapha Cissé, directeur général adjoint d’APIX-SA. 

Mais des assujettis tel que Oumar Samba Ba, ministre Secrétaire général de la Présidence, Mary Teuw Niane, ministre Directeur de Cabinet du président de la République, Aminata Touré Mimi, Haut représentant du chef de l’État, figure parmi les déclarants. La liste comprend aussi les secrétaires généraux adjoints de la Présidence, Maguette Niang et El Hadji Médoune Diama Cissé, ainsi que le contre-amiral (2S) Papa Farba Sarr, conseiller chargé des Affaires de sécurité, et Sonar Ngom, conseiller diplomatique. Papa Cheikh Sadibou Sakho Jimbira, coordonnateur de la Communication de la Présidence, et Amadou Tidiane Wone, conseiller à la Présidence, ont également satisfait à cette obligation.

L’OFNAC indique, en outre, qu’aucun membre du gouvernement ayant quitté ses fonctions ou dépassé le délai imparti n’est défaillant, la mention « Néant » figurant dans cette catégorie. Pour sa part, le Conseil constitutionnel compte, dans les listes deux déclarants sur deux. La Cour suprême affiche également deux déclarants, sans aucun défaillant identifié dans le document étudié. 

En revanche, du côté des ministères et des grandes administrations, la situation est beaucoup plus contrastée. Par exemple, le secteur de l’Agriculture et de l’Élevage totalise 41 déclarants sur 57 assujettis, soit 71,9%. La Justice en compte 126 sur 181 (69,6%), la Santé et l’Hygiène publique 75 sur 112 (67%), l’Environnement et la Transition écologique 17 sur 28 (60,7%), tandis que les Forces armées enregistrent 155 déclarants sur 298, soit un taux de 52%.

D’autres secteurs se distinguent surtout par un nombre important de défaillants dans les listes analysées. Le secteur de l’Économie, des Finances et du Plan compte ainsi 519 déclarants contre 215 défaillants. À l’Intérieur et à la Sécurité publique, 73 déclarants sont recensés contre 221 défaillants, tandis que l’Éducation nationale en compte 27 contre 83 défaillants.

Ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec précaution. Ils résultent d’un travail effectué à partir de listes provisoires. Certaines catégories pouvant se recouper, un dédoublonnage nominatif reste indispensable avant d’établir un total national fiable de personnes uniques assujetties à cette obligation, souligne l’OFNAC.

L’OFNAC rappelle, par ailleurs, que la déclaration de patrimoine est encadrée par la loi n° 2025-13 et vise notamment à contrôler l’évolution du patrimoine des responsables publics, mais également à prévenir la corruption et l’enrichissement illicite. Au-delà des chiffres, l’enjeu reste celui de la redevabilité : identifier ceux qui se sont acquittés de leur obligation, déterminer les secteurs où se concentrent les retards et mesurer l’évolution du niveau de conformité au sein des différentes institutions et administrations publiques.

Abdoulaye DIAO