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RENCONTRE MINISTRE DES SPORTS – FÉDÉRATIONS SOPORTIVES: Djireye Clotilde Coly mise sur le dialogue et des financements pérennes

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Djireye Clotilde Coly, a rencontré 47 présidents et représentants de fédérations sportives. Une première prise de contact destinée à instaurer un cadre permanent de concertation, mais également à jeter les bases d’une nouvelle collaboration entre la tutelle et les instances sportives. Les questions du financement, des infrastructures et de la gouvernance ont occupé une place importante dans les échanges.

Depuis sa nomination en juin dernier, Djireye Clotilde Coly n’avait pas encore tenu de rencontre collective avec les fédérations sportives. C’est désormais chose faite. La ministre a réuni, hier, sous l’égide du Comité national olympique et sportif Sénégalais (CNOSS), 47 présidents et représentants de fédérations autour des principaux défis auxquels fait face le mouvement sportif sénégalais. Cette rencontre doit notamment permettre de définir une feuille de route commune et d’instaurer un dialogue régulier entre le ministère et les différentes fédérations. Pour ces dernières, les difficultés financières et logistiques restent au premier rang des préoccupations.

« Nous voulons que ces rencontres soient pérennisées afin que le ministère et les fédérations soient sur la même longueur d’onde. Nous vous faisons également part de nos problèmes, qui sont d’ordre financier et logistique. Nous espérons avoir davantage de moyens pour permettre aux fédérations de mettre les acteurs dans les meilleures conditions », a plaidé Mamadou Ba, président de la Fédération sénégalaise de Tir et de Chasse et porte-parole des fédérations.

« Ériger le sport en levier de croissance économique »

Face aux dirigeants sportifs, Djireye Clotilde Coly a insisté sur la nécessité de changer de paradigme et de donner au sport une place plus importante dans les politiques publiques. « Vous êtes les chevilles ouvrières de nos succès et les architectes silencieux des émotions inoubliables que procurent nos athlètes sur les scènes nationales, africaines et mondiales », a-t-elle déclaré.

La ministre estime que cette concertation intervient dans un contexte stratégique, marqué notamment par la préparation des Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 et la mise en œuvre de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». « Cet horizon prospectif ambitieux redéfinit les paradigmes de notre développement en érigeant le sport non plus seulement comme un simple divertissement ou un vecteur d’animation sociale, mais comme un véritable levier de croissance économique, de création d’emplois et de renforcement de la cohésion nationale », a-t-elle expliqué.

Djireye Clotilde Coly rappelle également que la Stratégie nationale de Développement (SND) 2025-2029 accorde une place importante à la pratique sportive. « Le sport est aujourd’hui un investissement dans le capital humain, un bouclier sanitaire et un ciment identitaire puissant pour notre jeunesse. Faire du sport un véritable levier de développement économique et social n’est plus une option, c’est une impérieuse nécessité », a-t-elle soutenu.

Vers des financements « pérennes et diversifiés »

La question des moyens financiers a également occupé une place centrale dans le discours de la ministre. Pour Djireye Clotilde Coly, les performances des athlètes sénégalais doivent désormais être soutenues par une politique publique structurée et durable. « Nos champions ne doivent plus être le fruit du hasard ou de la seule volonté héroïque de leurs familles, mais le produit d’une politique publique structurée, soutenue par des mécanismes de financement pérennes et diversifiés », a-t-elle affirmé.

La ministre promet ainsi de travailler avec les services compétents pour une meilleure mobilisation et une utilisation plus rationnelle des ressources, avec une priorité accordée au sport à la base, à la formation, à l’excellence et à la détection des talents sur l’ensemble du territoire national. Elle reconnaît toutefois les nombreuses difficultés auxquelles les fédérations sont confrontées, notamment l’insuffisance des infrastructures dans certaines régions, la recherche de partenaires, les contraintes financières et la pression liée aux résultats.

L’État appelle aussi les fédérations à s’autonomiser

Tout en réaffirmant l’engagement des pouvoirs publics, Djireye Clotilde Coly prévient que l’État ne pourra pas, à lui seul, supporter l’ensemble des besoins du mouvement sportif. « L’État ne saurait tout faire seul. Le partenariat public-privé, l’autonomisation progressive de nos fédérations à travers un marketing sportif professionnel et la rigueur dans la gestion interne sont des pistes incontournables », a-t-elle indiqué.

Cette première rencontre doit ainsi servir de point de départ à une nouvelle dynamique entre la tutelle et les fédérations. « Le sens de notre rencontre d’aujourd’hui est de poser un diagnostic global partagé, sans complaisance, mais avec optimisme et pragmatisme. Cette démarche vise à nourrir nos réflexions et à baliser notre feuille de route commune », a conclu la ministre.

Fatou DIOUF