Donald Trump lance un abonnement payant à son réseau social Truth Social, l’opposition crie à la corruption
Le président américain Donald Trump est à nouveau accusé de corruption après avoir lancé, via son réseau social Truth Social, un service payant donnant à certains investisseurs un accès anticipé à ses publications. Or, le chef de l’État utilise désormais cette plateforme comme un canal de communication officiel pour annoncer des décisions diplomatiques, militaires ou économiques susceptibles de faire réagir les marchés financiers.
Lancé samedi 1ᵉʳ août par Trump Media, dont Donald Trump est le principal actionnaire, le service baptisé Truth API (« Application Programming Interface »), annoncé mi-juillet, est destiné aux entreprises spécialisées dans le traitement automatisé des données.Disponible sur abonnement – le site Axios évoque un tarif mensuel allant de 60 000 à 100 000 dollars (entre 52 000 et 87 000 euros) –, il promet un accès quasiment instantané aux publications de Donald Trump sur son réseau social, juste avant que le grand public n’en prenne connaissance. Selon le Wall Street Journal, cinq entreprises financières avaient souscrit à Truth API peu après son lancement.Pour les sociétés spécialisées dans les transactions ultrarapides, recevoir ce type d’information un instant avant le reste du marché permet, en théorie, d’anticiper la réaction du marché et de gagner des millions, voire des dizaines de millions de dollars, en vendant ou en achetant des actions ou des matières premières.L’idée est de « donner aux investisseurs les plus rapides et aux algorithmes un avantage qui se mesure en fractions de seconde », explique Art Hogan, analyste pour le gestionnaire de fortune B. Riley Wealth Management, interrogé par l’Agence France-Presse (AFP).
Soupçons de favoritisme sur les marchésSi Truth Social appartient à une entreprise privée cotée en Bourse, le réseau est devenu un outil de communication officiel du président américain. Donald Trump y annonce régulièrement des décisions diplomatiques, militaires ou économiques majeures – sur l’Iran, les droits de douane ou encore les sanctions –, autant de sujets susceptibles de faire varier les marchés mondiaux.Quelques heures seulement après le lancement de Truth API, Donald Trump a illustré l’influence de ses publications sur les marchés. Samedi, il a annoncé sur Truth Social qu’il suspendait des frappes massives prévues contre l’Iran. À l’ouverture des marchés, les cours du pétrole ont aussitôt reculé.C’est précisément ce qui nourrit les accusations de corruption. Mardi 4 août, le sénateur démocrate Mark Warner a annoncé sur X le dépôt d’un projet de loi visant à « couper court à cette corruption et assurer que tous les Américains aient un accès libre et équitable aux annonces publiques faites par des responsables gouvernementaux ».

