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GRAND MAGAL DE TOUBA – ÉTUDE UCAK/UADB: Le Magal franchit la barre des 375 milliards FCFA de retombées économiques

Le Grand Magal de Touba confirme son statut de moteur économique majeur du Sénégal. Une nouvelle étude conjointe de l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim (UCAK) et de l’Université Alioune Diop de Bambey (UADB) évalue à plus de 375 milliards de FCFA les retombées économiques de l’événement religieux. Un chiffre en forte progression par rapport aux précédentes estimations, qui illustre l’ampleur croissante de ce pèlerinage sur l’économie nationale.

Chaque année, le Grand Magal de Touba dépasse largement sa dimension spirituelle pour s’imposer comme l’un des plus importants rendez-vous économiques du Sénégal. Les résultats de la nouvelle étude menée par l’UCAK et l’UADB montrent que l’événement génère désormais plus de 375 milliards de FCFA de retombées économiques directes, indirectes et induites.

Cette manne irrigue plusieurs secteurs stratégiques : le commerce, les transports, l’hébergement, la restauration, les télécommunications, les transferts d’argent, les services de proximité ainsi que les activités liées au bâtiment et à l’approvisionnement en produits de consommation. 

Une progression spectaculaire

Ces nouveaux résultats traduisent une progression significative par rapport à la précédente grande étude économique réalisée sur le Magal. Les travaux menés en 2016-2017 par l’UADB avaient estimé les retombées globales à près de 250 milliards de FCFA. La nouvelle évaluation, qui dépasse les 375 milliards, confirme une hausse de plus de 50% en quelques années. 

Selon le président du Complexe Cheikh Ahmadoul Khadim (CCAK), Serigne Ahmadou Badawi Mbacké, cette évolution traduit une dynamique durable. « C’est un impact considérable qui continue de croître d’année en année », explique-t-il.

Pour lui, le Grand Magal constitue désormais un véritable levier de développement économique dont le potentiel reste encore largement sous-exploité.

Une étude plus complète

Lancée en 2025 sous la supervision conjointe de l’UCAK et de l’UADB, cette deuxième étude vise à actualiser les données recueillies lors des premiers travaux de référence. Les chercheurs ont déployé des équipes dans les quartiers, marchés, stations-service, commerces, ménages et principaux sites d’accueil afin de mesurer avec davantage de précision les flux économiques générés par le Magal. 

Les investigations prennent également en compte de nouveaux paramètres tels que les dépenses énergétiques, les impacts sur la santé, les télécommunications, les services financiers, l’environnement et les transferts de la diaspora.

Un puissant accélérateur de l’économie

Le Grand Magal provoque une véritable accélération de la consommation nationale. Pendant plusieurs semaines, des milliers d’opérateurs économiques intensifient leurs activités afin de répondre aux besoins de millions de pèlerins.

Les secteurs les plus dynamiques demeurent le commerce de gros et de détail, le transport routier, l’hôtellerie et l’hébergement chez l’habitant, la restauration, les télécommunications, les services financiers et transferts d’argent, la vente de bétail et de produits alimentaires et le bâtiment et les matériaux de construction. 

Les études précédentes montraient déjà que les commerçants réalisent parfois plusieurs mois de chiffre d’affaires durant la période du Magal, tandis que les compagnies de transport multiplient leurs rotations pour répondre à l’afflux de pèlerins. 

Un levier stratégique pour le Sénégal

Pour les chercheurs comme pour les acteurs économiques, ces nouvelles données confirment que le Grand Magal constitue désormais un véritable secteur économique à part entière.

Lors du Forum économique « 18 Safar », plusieurs experts ont plaidé pour une meilleure structuration de cette économie afin de renforcer les infrastructures, développer des capacités d’hébergement, soutenir les investissements privés et maximiser les retombées locales. Ils estiment que le Magal peut devenir un puissant moteur de souveraineté économique et de développement territorial. 

Avec plus de 375 milliards de FCFA injectés dans l’économie, le Grand Magal apparaît ainsi non seulement comme le plus grand rassemblement religieux du Sénégal, mais également comme l’un des principaux moteurs saisonniers de croissance du pays, confirmant le rôle stratégique du tourisme religieux et culturel dans le développement économique national. 

Adama AIDARA