Politique

CRISE POLITIQUE AU SOMMET DE L’ÉTAT: La CDS dénonce une « guerre institutionnelle » et appelle à un large front citoyen

La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS), qui regroupe plusieurs partis de gauche, a exprimé sa vive inquiétude face à la situation politique, économique et sociale du Sénégal. À l’issue de la conférence de ses leaders, tenue le 16 juillet 2026, la coalition a publié un communiqué dans lequel elle dénonce une « guerre institutionnelle » au sommet de l’État et appelle à la mise en place d’un vaste front d’action populaire et citoyen.

Selon la CDS, le Sénégal traverse une crise multidimensionnelle caractérisée par des tensions institutionnelles, une conjoncture économique difficile, des revendications sociales persistantes et un climat politique de plus en plus tendu. Pour la coalition, cette situation met en lumière ce qu’elle considère comme « les carences du régime PASTEF ». Pour étayer son analyse, la CDS évoque notamment l’accession d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale, qu’elle qualifie d’« illégale », le rejet par le Conseil constitutionnel du projet de révision constitutionnelle porté par la majorité, le succès de la grève générale des centrales syndicales ainsi que les négociations en cours entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI).
Dans son communiqué, la coalition estime que les tensions entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, fragilisent les institutions et risquent de perturber le fonctionnement normal de l’État. La CDS interprète cette situation comme une lutte de leadership au sein de PASTEF, en perspective de l’élection présidentielle de 2029. À ses yeux, cette rivalité détourne les dirigeants des préoccupations quotidiennes des populations, confrontées à la cherté de la vie, au chômage et aux difficultés économiques.

Inquiétudes sur la politique économique
Sur le plan économique, la CDS critique la dépendance du gouvernement à l’égard du FMI. Elle s’inquiète notamment d’une éventuelle suppression des subventions sur certains produits de première nécessité, estimant qu’une telle mesure aggraverait davantage les conditions de vie des ménages sénégalais. Pour la coalition, les difficultés économiques, conjuguées aux tensions politiques, alimentent un malaise social de plus en plus perceptible dans plusieurs secteurs du pays.
La Confédération salue également la mobilisation des travailleurs et apporte son soutien aux différentes actions de protestation, notamment à la grève générale organisée par les centrales syndicales. Selon elle, ces mouvements traduisent un mécontentement croissant face à la dégradation des conditions de vie.

Appel à une alternative de gauche
Face à ce qu’elle qualifie de « péril systémique » pour la République, la CDS appelle les forces politiques, syndicales et citoyennes à unir leurs efforts afin de constituer un large front de lutte contre le régime en place. Elle réaffirme sa volonté de construire une « alternative crédible de gauche », qu’elle présente comme une réponse aux aspirations des Sénégalais en matière de justice sociale, de stabilité politique, de démocratie et de souveraineté nationale.
La coalition accuse également le pouvoir de chercher à imposer une bipolarisation de la vie politique au détriment des autres forces de l’opposition, en particulier celles issues de la gauche. Enfin, la Confédération annonce la désignation d’El Hadji Momar Sambe, secrétaire général du RTA-S/Péncoo Réew, comme nouveau coordinateur de la CDS pour un mandat de six mois.

Mariem DIA