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LA CHRONIQUE DE MLD: Pourquoi ce régime laisse les entreprises mourir à petit feu ?

Le Sénégal reste un pays curieux. Dans tous les discours officiels, on nous ressasse des slogans pompeux comme la souveraineté alimentaire, le patriotisme économique ou encore un hypothétique agenda Sénégal 2050 pour la création massive d’emplois et la promotion du capital humain. Mais dans les faits, il n’en est rien. Le monde dynamique de l’entreprise est délaissé voire méprisé par les politiciens professionnels qui n’en font qu’à leur tête.
Il est plutôt question de la création dans les meilleurs délais d’un puissant parti présidentiel sous la bannière d’un Prince qui veut désormais marquer son territoire et son empreinte à travers son propre appareil ou encore l’opération en grande pompe de vente des cartes Pastef, le parti majoritaire à l’assemblée nationale dont la priorité majeure est actuellement la massification de ses troupes.
Alors, dans un contexte aussi tendu, exacerbé du reste par la décision forte du Conseil constitutionnel d’annuler purement et simplement le vote des députés portant révision constitutionnelle, il y a absolument de quoi perdre son latin. En vérité, c’est comme si ce tandem Diomaye/ Sonko qui a récemment volé en éclats à la face du monde entier, devrait également rimer avec les misères de 18 millions de Sénégalais qui ne demandent pourtant que le sens des responsabilités, le sursaut des hautes autorités et une vision à même de propulser ce pays au potentiel prometteur dans les cimes du progrès collectif. La crise institutionnelle qui aura probablement droit de cité d’ici à la présidentielle 2029 n’augure rien de bon pour ce pays qui nous mobilise au quotidien.
Qui s’occupe de ces entreprises à l’agonie du fait d’une dette intérieure que l’Etat tarde à apurer ? Qui pour défendre les acteurs du BTP qui ont fini de penser que les plus de 300 milliards cfa que les pouvoirs publics leur doivent ont les contours d’une véritable Arlésienne ? Qui pour défendre ces braves travailleurs dont le pouvoir d’achat s’érode au quotidien ? Qui pour entamer une mission de bons offices pour éviter la grève générale annoncée ce vendredi 10 juillet 2026 ?
Qui pour s’offusquer et sonner le tocsin au regard des récentes statistiques qui parlent de plus de 30 000 licenciements dans les entreprises depuis avril 2024 ? Qui pour dire au gouvernement de faire de la signature d’un nouveau programme avec le FMI une sur priorité surtout qu’il s’agit du sésame qui nous ouvrira ces portes de la haute finance jusque-là fermées à double tour ? Qui pour dire aux gouvernants d’arrêter un peu la politique politicienne afin de mieux traiter des dossiers comme la campagne agricole en cours ou encore la perte déplorable de compétitivité de ce riz local qui subit la concurrence déloyale du riz importé ? Le récent cri du cœur de Monsieur Baydi Agne Président du CNP et patron des patrons du pays en dit long sur le désarroi du parti de l’entreprise.
Le régime actuel doit savoir que le secteur privé est le principal créateur de richesses et d’emplois. Mieux c’est le moteur de la croissance…
Il faut veiller à créer et à accompagner des champions nationaux capables de réussir une industrialisation massive de l’économie pour en assurer la transformation. De ce point de vue il ya un énorme potentiel dans l’agroalimentaire, le numérique, les hydrocarbures (chaînes de valeur pétrole et gaz) notamment par la promotion des dérivés de l’or noir via la pétrochimie. Tout cela est dans les tiroirs de l’administration. Il faut dépoussiérer ces dossiers pour leur mise en œuvre, leur implementation comme le disent les anglo- saxons.
La Côte d’Ivoire l’a très bien compris. Elle vient de lancer en mondovision son Plan national de développement (PND 2026 – 2030) d’un montant titanesque de 114. 838 milliards de cfa. L’idée c’est de faire passer le pays au rang d’économie à revenu intermédiaire, faire reculer la pauvreté, industrialiser l’économie en transformant les produits bruts (café, cacao etc) sans oublier la promotion active du capital humain et des infrastructures. Dans la même veine, il s’agira de travailler à attirer les investisseurs via un climat des affaires attractif et de favoriser également l’émergence de champions nationaux.
L’originalité du PND ivoirien, c’est que l’Etat passe le relais au secteur privé qui sera au cœur de la stratégie avec des apports attendus de plus de 70 % en termes de financement soit plus de 80 000 milliards cfa à mobiliser à travers des PPP et des investissements directs. Le reste du financement revenant à l’Etat pour un montant non négligeable de 38 000 milliards.
On le constate de visu : La Côte d’Ivoire parle de chantiers et de développement. Au Sénégal, on continue de se castagner autour des ventes de cartes et de la création d’un nouveau parti politique. C’est sans doute un peu caricatural mais il faudrait davantage pousser la réflexion pour interroger les logiques existentielles de l’Homo-Senegalensis.
Tout de même, il est évident que comparaison n’est pas raison mais cherchons l’erreur !