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FORAESS 2026: L’économie sociale et solidaire va booster le commerce intra- africain

La deuxième édition du Forum africain de l’économie sociale et solidaire (FORAESS) s’est ouverte ce mardi à Dakar dans un contexte marqué par la volonté des États africains d’accélérer l’intégration économique du continent. Placée sous le thème de l’inclusion, de la coopération et du développement durable, cette rencontre réunit plusieurs ministres africains, partenaires techniques et financiers, acteurs de la société civile et représentants du secteur privé autour d’une ambition commune : faire de l’économie sociale et solidaire (ESS) un levier majeur de transformation économique et sociale en Afrique.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a souligné que cette forte mobilisation des ministres africains chargés de l’Économie sociale et solidaire traduit une volonté politique claire de mettre en œuvre la stratégie décennale de l’Union africaine dédiée à ce secteur et d’en faire l’un des piliers de l’Agenda 2063. Selon le chef du gouvernement, les travaux du forum devront déboucher sur des engagements concrets, notamment le renforcement de la coopération régionale et sous-régionale, la création d’un Observatoire africain de l’économie sociale et solidaire et la mise en place d’outils statistiques capables de mesurer avec précision la contribution réelle de ce secteur au développement économique du continent. « La forte présence des ministres africains en charge de l’ESS est un signal fort. Le FORAESS Dakar 2026 doit permettre d’amorcer concrètement la mise en œuvre de la stratégie décennale de l’Union africaine, de renforcer la coopération régionale et sous-régionale, de promouvoir un Observatoire africain de l’économie sociale et solidaire et de faire de l’ESS un pilier de l’Agenda 2063 », a déclaré le Premier ministre. Évoquant les défis de l’intégration africaine, Ahmadou Al Aminou Lô a rappelé que le commerce intra-africain représente officiellement moins de 20 % des échanges du continent, tout en estimant que ces statistiques restent largement sous-évaluées en raison du poids considérable du secteur informel. Selon lui, une grande partie des échanges commerciaux échappe encore aux systèmes statistiques classiques. Il estime ainsi que la mise en place d’un observatoire continental et d’outils de collecte de données plus performants permettra de mieux mesurer la véritable dynamique économique africaine. Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité d’accélérer la réalisation de grandes infrastructures de transport afin de faciliter la libre circulation des personnes et des biens. « Nous n’avons pas encore un train reliant Dakar à Yaoundé. Pourtant, ce sont ces infrastructures qui permettront à notre jeunesse de développer des activités économiques au-delà des frontières nationales », a-t-il fait remarquer, plaidant pour une accélération des investissements dans les corridors régionaux. Prenant la parole, l’ambassadeur de l’Union européenne au Sénégal, Jean-Marc Pisani, a salué le rôle pionnier du Sénégal dans la promotion de l’économie sociale et solidaire sur le continent africain. Selon le diplomate européen, le Sénégal s’impose aujourd’hui comme une référence grâce à sa vision politique, à son cadre institutionnel et au dynamisme de ses acteurs. « Le Sénégal fait figure d’avant-garde sur le continent africain. L’économie sociale et solidaire n’est pas seulement une réponse sociale ; elle constitue également une réponse économique, territoriale et une réponse d’avenir face aux défis de l’emploi des jeunes et de l’autonomisation des femmes », a-t-il déclaré. Pour lui, le FORAESS dépasse largement le cadre d’une simple rencontre institutionnelle. Il constitue un rendez-vous stratégique destiné à faire de l’économie sociale et solidaire un véritable moteur de transition économique, d’inclusion sociale et de convergence entre les pays africains. Jean-Marc Pisani a rappelé que l’Union européenne accompagne les ambitions économiques du continent à travers plusieurs programmes structurants, notamment Investing in Young Businesses in Africa (IYBA). Le volet consacré à l’entrepreneuriat féminin a déjà permis d’accompagner près de 2 500 femmes entrepreneures africaines, tandis que l’ensemble du programme représente environ 4,7 milliards d’euros d’engagements destinés au financement des jeunes entreprises du continent. « Notre prospérité est liée, notre mobilité est liée et notre avenir est lié », a affirmé le diplomate, rappelant que seulement quatorze kilomètres séparent les continents africain et européen. Il a également appelé à renforcer les investissements, à poursuivre les réformes économiques et à lever les obstacles qui freinent encore les échanges commerciaux africains, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Pour le représentant de l’Union européenne, l’économie sociale et solidaire constitue une réponse concrète aux préoccupations de la jeunesse africaine. Présente dans des secteurs aussi variés que l’agriculture, l’artisanat, les services, la transformation, le numérique ou encore l’environnement, l’économie sociale et solidaire favorise la création d’emplois, le développement des territoires et le renforcement des communautés locales. « L’économie sociale et solidaire n’est pas une économie à la marge. C’est une économie d’avenir, parce qu’elle répond à la fois aux exigences d’inclusion et de performance », a-t-il soutenu. L’ambassadeur a par ailleurs salué le dynamisme des femmes entrepreneures, des organisations de la société civile ainsi que des nombreuses initiatives locales observées dans plusieurs régions du Sénégal, notamment à Dakar, Saint-Louis, Matam et Kédougou. Jean-Marc Pisani a enfin réaffirmé l’engagement de l’Union européenne à accompagner le Sénégal dans le développement de son écosystème entrepreneurial à travers le financement des entreprises, la formation, la formalisation des activités économiques, le renforcement des compétences techniques, entrepreneuriales et numériques ainsi que la promotion de l’entrepreneuriat féminin et des jeunes. Il a notamment cité le programme Joog Jeef, récemment lancé pour contribuer à la réduction des inégalités de genre et à l’autonomisation économique des femmes. Concluant son intervention, le diplomate a rappelé que l’Union européenne et ses États membres demeurent les premiers investisseurs et partenaires commerciaux du Sénégal. « C’est ensemble, dans le respect, l’ambition et le partenariat, que nous pourrons construire cet avenir prospère tant souhaité », a-t-il conclu.

                                                                            Mariem DIA