EMBELLIE AGRICOLE: Production record d’oignon de 20 t / hectare à Matam
La filière oignon de la région de Matam affiche des performances remarquables cette année, avec des rendements dépassant les 20 tonnes à l’hectare. Une progression significative qui témoigne du dynamisme des producteurs locaux et du potentiel agricole de la vallée du fleuve Sénégal. Cependant, derrière ces résultats encourageants persistent de nombreuses contraintes qui freinent le développement durable du secteur notamment la conservation, principal casse-tête des producteurs. Malgré une campagne jugée exceptionnelle, les producteurs sont confrontés à d’importantes difficultés de stockage.
En cette période de fortes chaleurs, la conservation des récoltes devient un véritable défi, obligeant souvent les agriculteurs à vendre leur production à des prix dérisoires. Selon Mamadou Hamidou Diacko, président de la filière oignon à Matam, l’absence d’infrastructures adaptées compromet les efforts consentis par les producteurs. « En cette période de forte canicule, la conservation de la nouvelle production pose de sérieuses contraintes aux paysans qui, pour la plupart, sont obligés de les bazarder », a-t-il déploré. Cette situation réduit considérablement les revenus des exploitants et limite les bénéfices tirés de leurs performances agricoles. Un projet de centres de stockage toujours en attente. Face à cette problématique, un programme de construction de centres de conservation avait été envisagé en partenariat avec le ministère de l’Agriculture. Toutefois, le projet n’a toujours pas connu de concrétisation. « Nous avions un programme avec le ministère de l’Agriculture pour la mise en place de centres de stockage. Pour le moment, ce projet est en latence. Nous attendons de voir quelles suites les nouvelles autorités du ministère donneront à cette initiative », a expliqué Mamadou Hamidou Diacko. Les producteurs espèrent ainsi une relance rapide de ce programme, considéré comme essentiel pour sécuriser la commercialisation de leurs récoltes. Le manque d’équipements agricoles freine la productivité. Outre les difficultés de conservation, les acteurs de la filière dénoncent un déficit important en matériel agricole. Tracteurs, groupes motopompes (GMP) et motoculteurs demeurent insuffisants pour répondre aux besoins croissants des exploitations. « Nous ne disposons pas de matériel agricole adéquat. Les tracteurs font défaut et les GMP posent également problème. Nous avons surtout besoin de motoculteurs, qui sont mieux adaptés à notre système de production », a insisté le responsable de la filière. Cette situation contraint de nombreux producteurs à travailler avec des moyens limités, malgré l’augmentation constante des superficies cultivées. La coopérative « Kisal Matam » pour renforcer l’organisation des producteurs. Dans ce contexte, les producteurs misent sur une meilleure structuration de leur organisation. La création de la coopérative agricole « Kisal Matam », officialisée lors de sa première assemblée générale , constitue une étape importante pour le secteur. À cette occasion, Mamadou Hamidou Diacko a été élu à l’unanimité à la présidence de la nouvelle structure. Celle-ci ambitionne de fédérer les producteurs, de défendre leurs intérêts et de renforcer la compétitivité de la filière dans toute la région. Une filière prometteuse en quête d’accompagnement. Avec des rendements record et une organisation en pleine consolidation, la filière oignon de Matam confirme son rôle stratégique dans l’économie agricole régionale. Toutefois, les défis liés à la conservation des récoltes et à la mécanisation demeurent des obstacles majeurs. Les producteurs appellent ainsi les autorités à accélérer les investissements dans les infrastructures et les équipements afin de transformer ces performances agricoles en véritables opportunités de développement économique.
Mariem DIA

