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COMMERCE EXTÉRIEUR DU SÉNÉGAL EN AVRIL: Les exportations chutent de 23,2%, plombées par le recul du pétrole brut

Les exportations sénégalaises ont enregistré une forte baisse au mois d’avril 2026. Selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), elles se sont établies à 547,7 milliards de FCFA contre 713,4 milliards de FCFA en mars, soit un recul de 23,2%.

Cette contre-performance s’explique principalement par la diminution des ventes de pétrole brut à l’étranger, qui sont passées de 227,5 milliards de FCFA en mars à 138,5 milliards de FCFA en avril. D’autres produits phares des exportations sénégalaises ont également contribué à cette baisse, notamment l’acide phosphorique dont les exportations sont tombées à 16 milliards de FCFA contre 55,3 milliards le mois précédent, l’or non monétaire (144,3 milliards contre 162,9 milliards) ainsi que le gaz naturel liquéfié (21,1 milliards contre 30,7 milliards de FCFA).
Malgré ce repli mensuel, les performances à l’export demeurent orientées à la hausse sur une base annuelle. Comparées à avril 2025, les exportations progressent de 16,6%. Leur cumul sur les quatre premiers mois de l’année atteint ainsi 2 126,8 milliards de FCFA contre 1 856 milliards de FCFA à la même période en 2025, soit une hausse de 14,6%.

Les importations en légère hausse
À l’inverse, les importations ont augmenté de 3,1% en avril pour atteindre 546,1 milliards de FCFA contre 529,6 milliards de FCFA en mars. Cette progression est essentiellement portée par l’accroissement des achats de produits pétroliers raffinés, qui passent de 98,9 milliards à 113,8 milliards de FCFA.
Les importations d’autres machines et appareils ont également progressé, passant de 32,5 milliards à 45,4 milliards de FCFA. La hausse concerne aussi les huiles et graisses animales et végétales (11,8 milliards contre 5,2 milliards) ainsi que le maïs (9,7 milliards contre 3,9 milliards de FCFA).
Cette évolution a toutefois été atténuée par la baisse des importations de riz, revenues à 25,8 milliards de FCFA contre 37,6 milliards en mars, ainsi que par le recul des achats d’engrais, passés de 20 milliards à 12,3 milliards de FCFA.
Sur un an, les importations affichent néanmoins une baisse de 11,9%. Leur cumul à fin avril s’établit à 2 113,8 milliards de FCFA contre 2 466,4 milliards de FCFA à la même période de 2025, soit une contraction de 14,3%.

Une balance commerciale presque à l’équilibre
Conséquence directe du ralentissement des exportations, l’excédent commercial du Sénégal s’est fortement réduit. Le solde de la balance commerciale ressort à seulement 1,5 milliard de FCFA en avril 2026 contre 183,8 milliards de FCFA un mois plus tôt.
Cette dégradation résulte notamment du retournement du solde commercial avec les Pays-Bas, passé d’un excédent de 150,9 milliards de FCFA à un déficit de 6,6 milliards. La situation s’est également détériorée vis-à-vis de la Turquie, où l’excédent de 13,9 milliards s’est transformé en déficit de 19,5 milliards de FCFA. Le déficit commercial s’est aussi aggravé avec la Chine, atteignant 85,8 milliards de FCFA contre 56,3 milliards en mars, ainsi qu’avec les États-Unis, où il est passé de 11,8 milliards à 33,4 milliards de FCFA.
Toutefois, l’amélioration des échanges avec plusieurs partenaires a permis de limiter cette dégradation. Le solde commercial avec l’Italie s’est établi à 94,1 milliards de FCFA contre 34,3 milliards un mois auparavant. Les excédents ont également progressé avec le Mali (72,8 milliards contre 54,6 milliards) tandis que l’Allemagne est passée d’un déficit de 18,8 milliards à un excédent de 35,2 milliards de FCFA. Le déficit avec le Nigeria s’est par ailleurs fortement réduit, passant de 47,1 milliards à 5,4 milliards de FCFA.
Au total, le cumul du solde commercial à fin avril 2026 demeure positif à hauteur de 13 milliards de FCFA, alors qu’il affichait un déficit de 610,4 milliards de FCFA à la même période en 2025, traduisant une amélioration notable de la position commerciale extérieure du Sénégal malgré le ralentissement observé en avril.

Abdoulaye DIAO