ContributionSport

CHRONIQUE : Khady Diene Gaye : Carton rouge sans VAR

Au Sénégal, quand un match est fini, même si on perd 3-0, il y a des règles. On salue l’arbitre. On remercie le public. On serre la main de l’adversaire. Ça s’appelle le fair-play. C’est la base du sport.

Khady Diène Gaye, ancienne ministre des Sports et de la Jeunesse, a décidé de jouer les prolongations… mais hors du terrain.

Son match est fini. Limogeage acté. Jusque-là, rien d’anormal. Le Président change son équipe comme un coach change sa tactique. Classique.

Mais la sortie ? Ah la sortie…

Au lieu du discours républicain “Merci au Président, merci au peuple, bonne chance à ma successeure”, on a eu droit au conseil de vestiaire version borne-fontaine. Micro ouvert, tension à fond.

Écoutez bien : _ « Vous êtes dans un milieu où certains acteurs, au lieu de servir le sport, se servent du sport. Bonjour les campagnes de diabolisation, les critiques, et parfois même ils mêlent la presse dedans » _.

Elle nuance juste après : _ « Mais pas toute la presse quand même » _. Ouf. Dieu merci. La moitié de la presse est sauvée.

Message reçu 5/5, Madame la Ministre : attention aux lobbies, ils ne veulent jamais que les choses avancent si leur intérêt est menacé. Conseil de grande sœur à sa successeure. Très bien.

Sauf que… Ministère des Sports ET de la Jeunesse. Deux mots. Deux valeurs.

Sport = fair-play, défaite digne, respecter l’arbitre même quand il siffle contre vous.

Jeunesse = exemple, hauteur, transmettre.

Bagareuse de borne fontaine.

Là, sur la sortie, carton rouge direct.

Pas pour le bilan. Pour l’esprit.

Pas un petit mot de remerciement au Président Diomaye dans la lettre d’adieu. Mais des remerciements appuyés ailleurs.

Dommage. Vraiment dommage.

Parce que le contexte était grand : CAN 2025 gagnée par les Lions, Coupe du Monde en ligne de mire, JOJ Dakar 2026 premiers en Afrique. Le maillot était beau. Le stade était plein. Il suffisait de sortir tête haute.
Elle a préféré parler de lobbies, de diabolisation, de presse complice. Classique VAR du perdant : ce n’est jamais ma faute. C’est le terrain, c’est l’arbitre, c’est le vent, ce sont les lobbies.

Même s’il faut renouveler les instances. Mais la forme… La forme a tué le fond. Quand tu sors par la petite porte en accusant tout le monde, même ton bon conseil ressemble à une menace.

Madame Khady Diène Gaye, on peut perdre un match. Ça arrive aux plus grands. Mais on ne perd pas l’éducation. On ne perd pas le “Jërëjëf Monsieur le Président”.

Au Sénégal on dit : “Nagnou bayi aduna ci jàmm”. Quitte ce monde en paix. Quitte ce ministère en paix.

Bonne continuation Madame. Et pour la prochaine fois : même si le VAR est contre vous, même si les lobbies vous marquent à la culotte… saluez quand même le public en sortant. Le public, c’est le Sénégal.

Jean Pierre Correa