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32ᵉ ASSEMBLÉE RÉGIONALE AFRIQUE DE L’APFDakar, épicentre du dialogue parlementaire francophone africain

Réunis à Dakar dans le cadre de la 32ᵉ Assemblée régionale Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), présidents de parlements et députés francophones débattent des grands défis sécuritaires, diplomatiques et géopolitiques du continent. À l’ouverture des travaux, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Hadji Malick Ndiaye, a plaidé pour une Afrique souveraine portée par des institutions parlementaires fortes et influentes.

Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Hadji Malick Ndiaye, a procédé ce lundi 18 mai 2026 à Dakar à l’ouverture de la 32ᵉ Assemblée régionale Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF). Devant des présidents de parlements, députés, diplomates et partenaires venus de plusieurs pays francophones, il a plaidé pour des parlements africains forts, capables de défendre la souveraineté, la stabilité et les intérêts stratégiques du continent. « La souveraineté africaine n’est pas un repli. Elle est une exigence de notre temps », a-t-il affirmé avec force lors de la cérémonie officielle organisée au King Fahd Palace de Dakar.
Pendant trois jours, du 18 au 20 mai, la capitale sénégalaise accueille cette importante rencontre réunissant 92 parlements et organisations interparlementaires francophones. La cérémonie d’ouverture a été coprésidée par El Hadji Malick Ndiaye et Hilarion Etong, président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie. Cette session de haut niveau rassemble les représentants des sections africaines de l’APF autour des grands enjeux politiques, diplomatiques, sécuritaires et économiques qui traversent aujourd’hui le continent africain et l’espace francophone.

« Un retour au pays natal »
Dans son allocution, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal a souhaité la bienvenue aux différentes délégations au nom du peuple sénégalais et des députés de la 15ᵉ législature. Il a rappelé la dimension historique et symbolique de Dakar dans l’espace francophone. « Dakar est la terre de Léopold Sédar Senghor, qui fit du français une langue de rencontre, de partage et d’ouverture, mais aussi celle de Cheikh Anta Diop et de Mamadou Dia », a-t-il déclaré, estimant que la tenue de cette session au Sénégal constitue « un retour au pays natal » pour la Francophonie parlementaire.
Pour El Hadji Malick Ndiaye, cette rencontre intervient dans un contexte de profondes mutations géopolitiques. « Nos peuples, du Sahel au bassin du Golfe de Guinée, vivent une séquence d’une intensité rare : remise en cause des équilibres établis, recomposition sécuritaire et exigence d’une souveraineté qui ne soit pas un slogan, mais une pratique institutionnelle quotidienne », a-t-il soutenu.
Le président de l’Assemblée nationale a insisté sur le rôle central des parlements dans la gouvernance démocratique. Selon lui, c’est à travers le contrôle parlementaire que « la dépense publique cesse d’être une opacité pour devenir une responsabilité ». Il a également mis en avant la diplomatie parlementaire comme un instrument stratégique permettant aux États africains francophones « de se parler d’égal à égal, sans intermédiaire ni tutelle ».
Cette 32ᵉ Assemblée régionale Afrique de l’APF se tient dans un contexte mondial marqué par des crises diplomatiques, sécuritaires, économiques et environnementales sans précédent. Les organisateurs ont notamment souligné les conséquences des tensions internationales, particulièrement au Proche et au Moyen-Orient, ainsi que les défis liés aux transitions politiques sur le continent africain.

« L’Afrique connaît le prix des divisions et des tensions géopolitiques »
Plusieurs thématiques majeures seront ainsi au cœur des travaux, parmi lesquelles les crises internationales et la souveraineté africaine, le rôle des parlements dans la gouvernance stratégique et la sécurité collective, les recompositions géopolitiques au Proche et au Moyen-Orient et la contribution des parlements africains à la stabilité et à la paix durable. Pour El Hadji Malick Ndiaye, ces réflexions traduisent « une responsabilité partagée », où les parlements doivent demeurer à la fois « les gardiens de la légitimité démocratique » et des acteurs proactifs de la paix, de la stabilité et du développement durable.
De son côté, Hilarion Etong a largement évoqué les conséquences humaines des conflits qui secouent le Proche et le Moyen-Orient. Selon lui, ces crises affectent non seulement la sécurité internationale et les équilibres économiques, mais provoquent également « des drames humains insoutenables ». « Nous pensons aux populations civiles, aux victimes de guerre, aux familles déplacées, aux enfants privés d’avenir et aux communautés fragilisées par la violence et la haine », a-t-il déclaré.
Le responsable camerounais a réaffirmé la position des parlementaires francophones en faveur du respect du droit international, de la protection des populations civiles, du respect de la souveraineté des États et de la recherche de solutions politiques et négociées aux conflits. D’après lui, les parlements africains ont une voix singulière à porter dans les débats internationaux, en raison de l’expérience historique du continent face aux conflits et aux crises. « L’Afrique connaît le prix des divisions et des tensions géopolitiques. Elle porte aussi une tradition de dialogue, de médiation et de recherche du consensus », a-t-il souligné.

Abdoulaye DIAO