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LE RETOUR AU PAYS QUI RAVIVE LA FRACTURE: Les trois supporters libérés à Rabat attendus ce jeudi à Dakar

Après trois mois passés derrière les barreaux au Maroc, trois des 18 supporters sénégalais condamnés après la finale de la CAN 2025 vont enfin fouler le sol national ce jeudi. Une éclaircie timide dans un dossier toujours brûlant, où quinze autres compatriotes restent incarcérés.

C’est un retour qui a valeur de symbole, mais aussi de rappel cruel. Selon record.sn, trois des 18 supporters sénégalais détenus au Maroc sont attendus ce jeudi 7 mai à 18h à l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass. Libérés depuis le 18 avril après avoir purgé intégralement leur peine de trois mois de prison ferme, Abdoulaye Dieng, Ibrahima Diop et Aziz Wade avaient été incarcérés à la prison d’Al Arjat 2, au nord-est de Rabat.
À leur sortie, ces premiers libérés ont été accueillis par des représentants de l’ambassade du Sénégal ainsi que par Issa Laye Diop, président du 12e Gaïndé, resté sur place depuis la CAN pour accompagner ses camarades dans cette épreuve. Mais ce retour ne masque pas l’essentiel : quinze supporters sénégalais sont toujours détenus. Neuf purgent des peines d’un an de prison assorties d’une amende de 5 000 dirhams, tandis que six autres ont écopé de six mois et 2 000 dirhams. Tous avaient vu leurs condamnations confirmées en appel par le tribunal de Rabat.
Face à une procédure contestée et à l’absence d’éléments jugés probants par la défense, les accusés ont renoncé à se pourvoir en cassation. Leur dernier espoir résidait dans une grâce royale. Une demande portée jusqu’au sommet de l’État par le président Bassirou Diomaye Faye, mais restée, à ce jour, sans réponse. Ce dernier a d’ailleurs indiqué dans un entretien avec la presse que, l’Etat mobilisé tous les leviers possibles. Assistance juridique, activation du canal diplomatique, médiation multiforme, jusqu’au registre religieux, rien n’aurait été laissé au hasard. Mais toutes les démarches se sont heurtés l’inflexibilité marocaine. « S’il reste autre chose à faire, qu’ils nous le disent », a d’ailleurs conclut Diomaye, comme un aveu d’impuissance maîtrisée.
Ce jeudi, Dakar accueillera trois des siens. Mais derrière les embrassades, une question persiste : combien de temps encore pour les quinze autres ? En attendant, c’est toujours le statu quo devant la judiciarisation de la frustration d’une CAN perdue à domicile par le royaume chérifien.

Mouhamed DIEDHIOU