MACKY SALL: DES SLOGANS VIDES À LA PLACE DE RÉPONSES CONCRÈTES. Par Mohamed GASSAMA
D’emblée, il faut souligner que Macky SALL, une fois encore, a raté le coche. Il aurait pu sortir par la grande porte s’il avait osé renoncer à sa candidature et, partant, inviter son homologue d’Argentine à en faire autant au profit des braves dames concurrentes. Cela aurait été plus symbolique et marquerait les esprits ad vitam aeternam. En effet, au lieu de penser à nommer une femme au poste de Secrétaire général adjoint, il ferait mieux en décidant de quitter la scène pour laisser la place au genre féminin. Que ce serait beau et magique ! Hélas, le candidat burundais d’origine sénégalaise a encore raté l’occasion d’entrer dans l’histoire. Par ce geste de grandeur, Macky SALL aurait prouvé à la face du monde qu’il demeure un vrai leader et un fervent défenseur de la cause des femmes. Il ne l’a pas fait. Pour quelles raisons ? Nous attendons de savoir. Ce qui est sûr, c’est qu’il y’a un fossé entre ses paroles et ses actes. Venant à l’exégèse du discours de Monsieur SALL, nous l’avons étudié avec du recul mais également avec beaucoup d’attention. De même, en cohérence avec l’honnêteté intellectuelle, nous avons pris le soin d’écouter les quatre candidats en lice pour le poste de Secrétaire général de l’ONU. Mieux, nous avons passé en revue les différentes visions stratégiques ainsi que les grandes propositions de réforme du poste de Secrétariat Général et du système des Nations unies afin d’être dans l’air du temps.
Ainsi, sommes-nous en mesure de procéder à une comparaison, à un croisement et à une analyse systémique mais aussi à une approche sémio-contextuelle.
En d’autres termes, nous avons tenu à bâtir notre thèse et notre réflexion à partir de la communication des prétendants à la succession de António GUTERRES, d’une part, et de l’autre, à partir du contexte mondial dans lequel se sont déroulés les entretiens des 21 et 22 avril 2026, à New York.
Sous ce rapport, nous avons choisi de mettre l’accent sur la personnalité des acteurs, la structuration de leurs idées et l’originalité de leurs interventions.
Tel un entretien d’embauche ou un oral d’examen, le passage des postulants se distingue par le logos ( le fait de viser la raison et les preuves concrètes que le personnage apporte pour étayer ses propos), le pathos (l’envie de toucher le cœur du public) et l’éthos ( l’image que revoie la personne et la communication non verbale ).
Au vu de tout cela et après avoir observé une distance critique, nécessaire à une analyse à froid, il sied de reconnaître qu’il y a une nette différence entre la chilienne Michelle BACHELET, la costaricaine Rebeca GRYNSPAN, l’argentin Rafael GROSSI et le candidat burundais d’origine sénégalaise, Macky SALL.
Pour le cas spécifique de l’ancien Président du Sénégal, si nous étions un membre du Jury, tout naturellement, nous aurions salué le fait de se présenter au concours. Cela va sans dire.
Toutefois, nous lui aurions conseillé, très respectueusement, de revoir sa copie voire sa méthodologie.
Macky SALL avait certainement oublié qu’il ne s’agissait pas d’une campagne électorale pour être Président de la République du Sénégal mais plutôt d’une candidature à la tête de l’ONU. À aucun moment, il n’a fait preuve d’originalité. Il est resté prisonnier de son Texte. Jamais, Macky SALL ne s’était détaché de ses notes pour montrer sa capacité, en trois minutes, à trouver une réponse précise à une situation précise créée par plusieurs sujets en même temps.
Il pensait s’adresser à des militants et sympathisants qu’il pouvait gaver de promesses électorales, de grands projets irréalistes et de mots pompeux sans aucune signification claire. L’on n’est pas surpris d’autant plus qu’il nous avait habitués à des slogans aussi emphatiques les uns que les autres. À titre d’exemples, « la patrie avant le parti », « une gestion sobre et vertueuse », « la CREI, c’est pour les autres, l’OFNAC, c’est pour nous » etc.
À l’entendre au siège des Nations Unies, le même scénario revient et la même impression se dessine. Tenez, « je serai un Secrétaire général impartial, neutre et indépendant », « je serai un bâtisseur de ponts entre les Nations, les cultures…», « je travaillerai avec tout le monde … » etc.
Que des déclarations d’intention sans la moindre précision sur la faisabilité. COMMENT ? HOW ?
Rien, jusqu’à preuve du contraire.
Last but not least, le candidat burundais, Macky SALL, semble ignorer qu’en de pareilles circonstances l’on ne pose jamais les vraies bonnes questions.
Comme quoi, ce que les représentants des différents États n’ont pas demandé reste plus déterminant que les requêtes de courtoisie soulevées.
De ce fait, tout se jouera au niveau du Conseil de sécurité avec notamment les P5. D’ici là, nous avons bien voulu participer au débat national en rendant public le résultat de notre observation. Ce travail s’est fondé sur un polyptyque dont la variété constitue un élément essentiel pour avoir une vision plurielle.
C’est pour signifier qu’il faut évaluer les personnes ainsi que leurs productions sur la base de critères scientifiques et non sur des considérations fictives ou subjectives.

