INDEMNITÉ DE LOGEMENT DES AGENTS CONTRACTUELS: Le point d’obstruction de la Santé
Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, a évoqué, hier, la sensibilité de la question de l’indemnité de logement des agents contractuels, qui constitue un obstacle majeur. Il a indiqué que des solutions sont en cours d’étude pour couvrir les 4 800 agents restants.
La conférence de presse du gouvernement a été l’occasion, pour le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, d’admettre les difficultés auxquelles son département est confronté. Le Dr Ibrahima Sy reconnaît ainsi un point d’achoppement avec les syndicats du secteur : l’indemnité de logement des agents contractuels. Un sujet qu’il juge particulièrement sensible en raison de la complexité du protocole d’accord signé en 2022 par l’État du Sénégal.
Néanmoins, des avancées ont été enregistrées. Au total, 3 330 contractuels ont été pris en charge entre 2022 et 2023, et 2 560 en 2025. Il reste ainsi 4 800 agents contractuels à intégrer dans le dispositif. « Nous discutons pour trouver une solution. Nous sommes en train de voir comment couvrir les 4 800 agents restants. Cela représente une enveloppe de 5 milliards de francs CFA. En y ajoutant les contractuels du ministère, l’enveloppe s’élève à 3 milliards supplémentaires, soit un total de 8,5 milliards de francs CFA pour couvrir l’ensemble des contractuels », a précisé Dr Sy qui a également souligné que 900 agents issus du programme ISMEA, recrutés sous un régime de contractualisation, ont été intégrés.
Réaffirmant sa volonté de maintenir un dialogue ouvert avec les partenaires sociaux, Ibrahima Sy se positionne comme un acteur de concertation. « Tout ce que je veux, c’est la stabilité du secteur. J’en appelle à la responsabilité de tous et je reste très ouvert au dialogue. Si certaines mesures n’ont pas encore été mises en œuvre, c’est faute de moyens », a-t-il expliqué.
Par ailleurs, le ministre a annoncé plusieurs réformes structurelles. Il s’agit notamment de l’élaboration d’un Code de la santé, dont la partie législative est déjà finalisée. « Le Sénégal ne disposait pas d’un Code de la santé. Nous travaillons actuellement sur la partie réglementaire », a-t-il indiqué.
D’autres chantiers sont également en cours, notamment la réforme hospitalière et la révision de la carte sanitaire. « Nous voulons également créer une Direction de la promotion de la santé. Dans le nouveau paradigme, nous souhaitons passer du curatif au préventif. De nombreuses maladies peuvent être évitées grâce à la sensibilisation. En mettant l’accent sur la prévention, beaucoup de problèmes peuvent être résolus », a-t-il fait savoir.
Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a, en outre, souligné les efforts consentis pour le relèvement du plateau technique. « L’État a ainsi injecté 65 milliards de francs CFA sur deux ans pour rénover des blocs opératoires restés non fonctionnels pendant 15 ans. Cette enveloppe a également permis de renforcer la logistique, avec l’acquisition d’ambulances et de matériel hospitalier, entre autres », a-t-il indiqué.
Enfin, Dr Ibrahima Sy a insisté sur l’urgence de renforcer les ressources humaines, avec le recrutement de 2 500 agents de santé. Parmi eux, 2 000 sont des médecins, infirmiers et sages-femmes, tandis que 500 concernent le personnel administratif et technique. « Cette mesure vise notamment à corriger un déséquilibre structurel, caractérisé par une proportion plus importante de personnel de support que de personnel soignant », a-t-il conclu.
Viviane DIATTA

