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PACTE DE STABILITÉ SOCIALE: 87 engagements pour apaiser le climat social et relancer la confiance

L’État du Sénégal a pris un total de 87 engagements dans le cadre du Pacte de stabilité sociale, élaboré de manière concertée avec le patronat et les organisations syndicales. Inscrits dans un calendrier précis de trois ans, ces engagements couvrent plusieurs secteurs stratégiques, allant de l’environnement du travail à l’administration publique, en passant par l’économie, l’éducation, la culture et le transport.

Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme du service public, Olivier Boucal, a informé, hier, lors de la conférence de presse du gouvernement, que ces engagements se répartissent comme suit : 10 concernent l’environnement du travail, 15 la politique économique et sociale, 21 les conditions de travail, 5 l’éducation, 3 la culture, 1 le transport et 15 l’administration. À cela s’ajoutent des engagements communs entre les différentes parties.
Dans un contexte marqué par des tensions sociales récurrentes ces dernières années – grèves, mouvements d’humeur et revendications sectorielles -, ce pacte se veut un instrument de stabilisation durable. Le ministre insiste d’ailleurs sur son caractère inclusif. « Ce pacte n’est pas un contrat d’adhésion, ni unilatéral. Ils ont convoqué tout le patronat et les syndicats et à l’unanimité ce pacte est signé », a-t-il insisté.
Pour garantir sa mise en œuvre, les engagements ont été déclinés en actions concrètes. « Nous avons décliné les engagements en activités. Parce que c’est ainsi que nous pourrons les réaliser, 50 activités ont été notées. Chaque activité a des échéances, un budget et des responsabilités clairement définies. C’est des activités de dialogue social, de droit du travail et de droit de sécurité sociale ; de protection sociale », explique le ministre.
Un an après son lancement, le Pacte est déjà en phase d’exécution, avec deux années restantes pour atteindre les objectifs fixés. Olivier Boucal appelle à la responsabilité de toutes les parties. « Pour conserver cette stabilité, chaque partie doit se conformer aux engagements pris », a-t-il dit.

Protection sociale et réformes structurelles en ligne de mire
Au-delà des engagements sectoriels, le gouvernement met un accent particulier sur l’élargissement de la protection sociale. « C’est un projet pour couvrir les petits contributeurs. Parce que 80% des sénégalaises n’ont pas de protection sociale. Moins de 20% sont couverts socialement », reconnaît le ministre, soulignant ainsi l’ampleur du défi.
Dans cette dynamique, des réformes sont également engagées pour améliorer les conditions de travail et moderniser l’administration. « Il y a des réformes profondes qui touchent les conditions de travail de façon générale. C’est l’augmentation des salaires des ménagères. Les travailleurs d’hôtels, de bars, ont 56 heures d’horaires. Désormais, ces travailleurs auront les mêmes horaires que tout le monde », annonce-t-il.
Par ailleurs, la question des licenciements dans certaines entreprises publiques est également prise en charge, avec un processus de réintégration déjà amorcé pour les travailleurs concernés. Le ministre insiste sur la dimension participative du pacte, gage de son efficacité. Selon lui, « autant le gouvernement a pris des engagements, le patronat et le secteur syndical chacun a également pris. On a pris aussi 13 engagements en commun ».

Viviane DIATTA