CLOTURE FORUM DE DAKAR PAIX ET SECURITE: Cheikh Niang salue la « maturité » d’un rendez-vous stratégique pour la paix en Afrique
CLOTURE FORUM DE DAKAR PAIX ET SECURITE
Cheikh Niang salue la « maturité » d’un rendez-vous stratégique pour la paix en Afrique
La 10e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique s’est achevée à Diamniadio sur une note jugée « satisfaisante » par les autorités sénégalaises. À la clôture des travaux au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD), hier, le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Cheikh Niang, a mis en avant la portée et la maturité atteintes par ce rendez-vous devenu incontournable.
« Cette dixième édition, qui consacre la maturité du Forum, a été un moment de vérité. Nous avons regardé en face les fragilités de notre continent, sans complaisance, pour assumer avec lucidité nos responsabilités collectives », a déclaré le chef de la diplomatie sénégalaise.
Le Forum de Dakar, marqué par la présence de plusieurs chefs d’État, dont Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani (Mauritanie) et Julius Maada Bio (Sierra Leone), président en exercice de la CEDEAO, a permis des discussions approfondies sur les enjeux de stabilité, d’intégration et de souveraineté du continent.
Cheikh Niang a salué « des interventions de haute stature » qui ont servi de « boussole » aux travaux. De ces échanges, une conviction forte s’est dégagée. « L’Afrique n’est pas condamnée à subir les crises du monde. Elle peut et doit contribuer à rééquilibrer les dynamiques globales », a-t-il souligné.
Une paix à construire par les Africains eux-mêmes
Pour le ministre, la paix sur le continent ne saurait être importée. Selon lui, « la paix en Afrique ne sera ni importée, ni déléguée, ni improvisée. Elle sera construite par des institutions légitimes, des économies résilientes et des sociétés inclusives ». Il a insisté sur un préalable essentiel : la restauration de la confiance entre les citoyens et l’État. « Il ne peut y avoir de sécurité durable là où la confiance entre l’État et les citoyens s’est érodée », a-t-il relevé.
Au-delà de la gestion des crises, Cheikh Niang a appelé à traiter leurs racines structurelles. « La stabilité ne se décrète pas, elle se mérite. Il ne s’agit plus seulement de contenir les crises, mais d’en traiter les causes profondes : précarité, exclusion, rupture du contrat social ou encore radicalisation », a-t-il ajouté, tout en insistant sur le rôle central de la jeunesse et des femmes, considérées comme des acteurs clés de la paix et du développement.
Les discussions ont aussi mis en lumière l’impératif de souveraineté économique. Le ministre a plaidé pour la transformation locale des ressources naturelles africaines afin de créer de la valeur et de l’emploi. « Il faut sortir du paradoxe d’un continent riche en ressources, mais en retard sur les standards de développement », a-t-il martelé.
Toutefois, il a tenu à préciser que la souveraineté ne doit pas rimer avec isolement. « Réaffirmer nos souverainetés politiques, économiques, alimentaires et numériques ne signifie pas se replier sur soi. Il s’agit de bâtir des partenariats gagnant-gagnant, fondés sur le respect mutuel », a soutenu le chef de la diplomatie Sénégalaise.
L’intégration régionale, une nécessité absolue
Enfin, Cheikh Niang a insisté sur l’urgence d’accélérer l’intégration africaine, notamment à travers la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). « L’intégration n’est pas un idéal abstrait, mais une nécessité absolue. Aucun État, pris isolément, ne peut faire face efficacement aux menaces transnationales », a-t-il averti.
Terrorisme, trafics illicites, cybermenaces ou encore crises climatiques ignorent les frontières. Face à ces défis, « l’unité n’est pas une option, mais une condition sine qua non », a conclu le ministre, appelant à des mécanismes régionaux « crédibles, bien financés et coordonnés ».
Mamadou Lamine CAMARA

