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BRAS DE FER SOCIAL: Le Front Syndical pour la Défense du Travail brandit la menace d’une grève générale

Un rejet frontal de la réponse ministérielle. Le Front Syndical pour la Défense du Travail (FSDT) hausse le ton et annonce un mouvement de grève dans les prochains jours. En conférence de presse, hier, les responsables du FSDT ont dénoncé le non-respect des engagements contenus dans le Pacte national de stabilité sociale.

Alors que la récente grève des transporteurs routiers, finalement désamorcé par le président de la République, continue de susciter de vives réactions, le climat social pourrait davantage se tendre. En effet, le Front Syndical pour la Défense du Travail (FSDT), regroupant plusieurs centrales syndicales, a décidé de dérouler un plan d’action progressif, sans exclure le recours à une grève générale.
Selon la porte-parole du jour, également Secrétaire générale de l’UNSAS, Yvette Keïta, « la responsabilité d’une éventuelle paralysie du pays incombera entièrement au gouvernement s’il persiste dans cette posture de blocage ». Elle estime que « le silence, l’inaction et les manœuvres dilatoires ne sauraient constituer une réponse acceptable à la détresse du monde du travail ».

Des engagements non respectés et une précarité croissante
À l’origine de cette montée de tension, le FSDT dénonce le non-respect des engagements pris par l’État, malgré le dépôt d’un préavis de grève arrivé aujourd’hui à échéance. « Les engagements majeurs du gouvernement restent non exécutés. Les conditions de vie et de travail continuent de se dégrader », regrette Mme Keïta.
Elle évoque notamment une précarité grandissante marquée par la faiblesse des salaires, les violations des droits syndicaux, les licenciements abusifs, le non-paiement de salaires et une pression fiscale jugée excessive sur les revenus des travailleurs.
« Les populations subissent une flambée continue des prix des denrées de première nécessité, aggravant la souffrance sociale. La dette intérieure non payée entraînant des licenciements massifs de travailleurs. Face à cette situation préoccupante, le FSDT met en garde le gouvernement contre toute tentative de remise en cause du Code du travail et du Code de la sécurité sociale en dehors de toute concertation, en violation des engagements pris par le Premier ministre », dénonce Mme Keïta.

Un appel au dialogue avant l’escalade
Pour le Secrétaire général de la CNTS/FC, Cheikh Diop, la grève reste un dernier recours. « C’est la négociation, la discussion et la conclusion d’accords qui sont des objectifs pour nous. On ne doit pas laisser pourrir les préoccupations majeures des travailleurs jusqu’à arriver à la grève. Parce que si on le faisait, une fois que la grève est déclenchée par ce front syndical, elle ne s’arrêtera pas tant qu’on n’aura pas des accords sur nos préoccupations. Avant d’en arriver là, discutons et parvenons à des accords et évitons la grève », prévient-il.
Le syndicaliste rappelle que le Sénégal dispose pourtant de mécanismes éprouvés de dialogue social. « Nous avons eu 3 ou 4 conférences sociales qui ont réglé des problèmes, des préoccupations transversales du monde du travail. On a signé 2 pactes sociaux. On a mis en place un Conseil du dialogue social logé à la présidence. On a le dernier pacte qui a mis en place 2 organes. Le comité de suivi présidé par le Premier ministre et le comité technique présidé par le ministre du Travail. Tous ces leviers d’un dialogue social performant devaient nous dispenser de la confrontation. Ce n’est pas le cas justement, malheureusement. Parce que toutes les traditions sont en train d’être bafouillées », déplore-t-il.
Dans la même dynamique, Cheikh Diop appelle à la restauration des pratiques de concertation régulières avec les autorités. « Malheureusement, ceux que nous avons en face ont tendance à bafouiller cette tradition d’un dialogue social performant », regrette-t-il.
Face à cette impasse, le FSDT met désormais la pression sur l’Exécutif. À défaut d’un dialogue rapide et concret, le pays pourrait s’acheminer vers une nouvelle épreuve de force sociale.

Viviane DIATTA