CRISE DANS LE SECTEUR DE L’ÉDUCATION: L’État et le G7 trouvent un terrain d’entente
Le gouvernement et les syndicats du G7 ont franchi un pas important vers la stabilisation du secteur éducatif en signant un protocole d’accord, à l’issue de négociations intensives tenues du 13 au 14 avril 2026. Cet accord s’inscrit dans le cadre du suivi des engagements pris le 7 avril et vise à instaurer une paix sociale durable dans l’éducation.
Le texte consacre plusieurs réformes structurantes. Il prévoit notamment une refonte du système de retraite, avec le relèvement de l’âge de départ à 65 ans et une meilleure prise en charge des cotisations au Fonds national de retraite. Parallèlement, l’État s’engage à moderniser l’administration éducative à travers la digitalisation des actes administratifs d’ici fin 2026 et des actes de gestion à l’horizon 2027, ainsi que l’interconnexion des plateformes MIRADOR, GIRAFE 2 et Solde.
Sur le plan de la gestion des carrières, des mesures sont annoncées pour corriger les dysfonctionnements récurrents : immatriculation systématique des enseignants dès leur recrutement à partir de 2027 et régularisation des cotisations sociales au plus tard en juin de la même année. Le protocole met également l’accent sur l’amélioration des conditions de vie et de travail. Des programmes de logements « clés en main » sont envisagés, avec une régularisation des titres fonciers d’ici fin 2026. En parallèle, l’État prévoit la résorption progressive des abris provisoires et le renforcement de la connectivité dans les établissements scolaires.
S’agissant de la rémunération, un comité ad hoc sera installé avant fin mai 2026 pour examiner la fiscalité des rappels de salaire et corriger les surimpositions. Le gouvernement promet un remboursement des trop-perçus et un apurement total des arriérés dans la loi de finances 2028. Le régime indemnitaire sera élargi, avec une prise en compte des fonctions administratives et un paiement effectif dès octobre 2026.
Des mesures de modernisation concernent aussi les examens et concours, avec la révision des textes encadrant les indemnités, la réforme du Fonds d’appui aux examens et concours (FAEC) et la digitalisation des paiements. Les indemnités dues aux intervenants des CRFPE pour la période 2023-2025 seront réglées au plus tard en juin 2026.
Malgré ces avancées, des points de divergence subsistent, notamment sur l’application de la réforme des retraites et sur la fiscalité des rappels de salaire. Le gouvernement reste réservé sur une défiscalisation totale, jugée coûteuse, mais se dit ouvert à des ajustements. Un comité technique sectoriel, présidé par le ministre de la Fonction publique, assurera le suivi trimestriel des engagements. Les deux parties doivent se retrouver pour lever les derniers points de blocage et parvenir à un accord définitif.
Mariem DIA


