DIVULGATION DES RÉSULTATS DE TESTS VIH: Aïssatou Mbaye Ndiaye du CCM dénonce une violation grave de la loi et du secret médical
Face à la polémique née de la divulgation de résultats de tests VIH concernant des personnes arrêtées, la présidente du CCM Sénégal monte au créneau. Entre rappel des principes juridiques, exigence de respect des droits humains et enjeux de santé publique, Mme Aïssatou Mbaye Ndiaye appelle à la responsabilité.
La présidente l’Instance de coordination national, CCM Sénégal, Mme Aïssatou Mbaye Ndiaye, est sortie de sa réserve pour réagir à la controverse liée à la divulgation de résultats de tests VIH dans une affaire impliquant des personnes arrêtées, dans un contexte particulièrement sensible au Sénégal.
D’entrée, elle a tenu à replacer le débat dans une perspective globale, en rappelant les acquis du pays en matière de lutte contre les pandémies. Selon elle, le Sénégal a su faire preuve de résilience face aux défis sanitaires, notamment dans la riposte contre le VIH/sida. Elle met toutefois en garde contre toute lecture réductrice de la situation actuelle.
La confidentialité : une règle absolue
« Le VIH est un problème de santé communautaire qui englobe plusieurs facteurs. Ce n’est qu’un point parmi tant d’autres », a-t-elle déclaré, insistant sur le fait que les cas évoqués, associés à l’homosexualité, ne doivent pas occulter la complexité et l’ampleur de la problématique. Et sur la question de la divulgation des résultats de tests VIH, la position de la présidente du CCM Sénégal est sans équivoque. Elle dénonce une atteinte grave aux principes fondamentaux de la médecine et au cadre légal en vigueur. « Depuis l’apparition du VIH/Sida, la confidentialité a toujours été une règle absolue. Le test et ses résultats relèvent du secret médical », a-t-elle martelé.
Elle rappelle que la loi protège strictement les personnes concernées, en garantissant le respect de leur vie privée et de leur dignité. Toute entorse à cette règle expose ses auteurs à des sanctions. « Toute divulgation non autorisée par le patient peut faire l’objet de poursuites judiciaires. Même au sein du cercle familial, y compris entre époux, le résultat d’un test ne peut être communiqué sans le consentement de la personne concernée », a-t-elle précisé.
Face à cette situation, Mme Ndiaye s’interroge sur les raisons ayant conduit à rendre publics certains résultats, estimant que de telles pratiques constituent « une atteinte directe aux droits fondamentaux des individus » et risquent d’affaiblir « la confiance entre les populations et le système de santé ».
Dialogue Pays 2026 : vers de nouvelles priorités sanitaires
Au-delà de cette polémique, la présidente du CCM Sénégal a également évoqué la dynamique en cours autour du Dialogue Pays 2026, un processus de concertation nationale visant à redéfinir les priorités en matière de santé publique. Elle a annoncé la tenue prochaine d’un atelier national destiné à consolider, harmoniser et valider les préoccupations identifiées à travers le pays depuis le début du mois d’avril. Ces consultations ont permis de faire remonter les attentes des communautés et des acteurs de la société civile sur des enjeux majeurs.
Parmi les thématiques abordées figurent le VIH/sida, la tuberculose, le paludisme, mais aussi les interactions de plus en plus préoccupantes entre le climat et la santé. L’objectif de cet exercice est clair : établir une feuille de route cohérente et priorisée, qui servira de base aux futures demandes de financement et à l’amélioration des politiques publiques de prise en charge.
À travers cette prise de parole, Mme Aïssatou Mbaye Ndiaye réaffirme un principe fondamental : la lutte contre le VIH ne peut être efficace sans le respect strict des droits humains, au premier rang desquels figure la confidentialité des données médicales.
Aissatou Mbène COULIBALY

