CRISE DANS LE TRANSPORT ROUTIER: Les transporteurs prolongent la grève de 72h et haussent le ton
Au terme de 72 heures de grève paralysant en partie le secteur du transport routier au Sénégal, les syndicats maintiennent la pression. La Fédération des syndicats de transporteurs routiers qui a fait le bilan de ses trois jours de mouvement, hier, dénonce le silence des autorités et annonce qu’il va reconduire le mouvement, tout en pointant du doigt la gestion du ministère des Transports.
Le secteur des transports routiers au Sénégal est fortement perturbé depuis le lundi 30 mars 2026, à la suite d’un mot d’ordre de grève de 72 heures lancé par plusieurs syndicats. À l’origine de ce mouvement, la dénonciation des dysfonctionnements persistants dans le système routier et le manque de réponse des autorités.
Réunis, hier, en séance d’évaluation de ces trois jours de grève, les responsables de la Fédération des syndicaux de transporteurs routiers du Sénégal, conduits par leur coordinateur Alassane Ndoye, ont dressé un bilan de la mobilisation. Face à des transporteurs venus de différentes régions du pays, ce dernier a vivement critiqué l’attitude du gouvernement, qu’il accuse d’avoir ignoré leur préavis et de fermer la porte à toute possibilité de dialogue.
« Nous avions déposé un préavis de grève de 72 heures, mais l’État a préféré garder le silence. Face à cela, nous avons coordonné avec l’ensemble des responsables à travers le pays pour sensibiliser les bases. Et les transporteurs ont massivement répondu à l’appel », a déclaré M. Ndoye.
Alors que le mot d’ordre de grève arrive à son terme, les syndicats n’excluent pas une reconduction. Une large concertation nationale est annoncée dans les prochaines heures. « À l’issue de ces 72 heures, nous allons consulter tous les responsables et transporteurs sur l’ensemble du territoire pour décider si nous levons le mot d’ordre ou si nous enclenchons un nouveau mouvement de 72 heures », a prévenu le coordinateur.
Des accusations contre le ministère des Transports
Au-delà des revendications, le ton s’est durci à l’encontre des autorités. Alassane Ndoye rejette les accusations de sabotage souvent attribuées aux grévistes. « On tente de faire croire que les transporteurs sabotent le secteur. C’est faux. Le véritable blocage vient de l’État », a-t-il martelé.
Le responsable syndical s’en est également pris au ministre des Transports, Yankoba Diémé, qu’il accuse d’« incompétence ». Il évoque également une « complicité » avec le Premier ministre Ousmane Sonko, estimant que le dialogue est volontairement bloqué. Face à l’impasse, les syndicats sollicitent l’arbitrage du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. « Nous lançons un appel solennel au président pour qu’il prenne les mesures nécessaires afin de résoudre cette crise qui affecte durement les transporteurs », a conclu Alassane Ndoye.
Mariem DIA

