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LA GRANDE SEMAINE SAINTE: Dernière montée vers Pâques

Depuis ce dimanche, les chrétiens sont entrés dans la Semaine Sainte, marquant l’ultime étape vers Pâques. Une période intense, rythmée notamment par le Triduum Pascal (jeudi, vendredi et samedi), dont l’abbé Roger Gomis explique le sens et la spécificité des différents jours.

Les fidèles entament ainsi la dernière phase de leur cheminement spirituel avec le début de la Grande Semaine Sainte, inaugurée par le Dimanche des Rameaux. Le Secrétaire général permanent de l’Union du Clergé du Sénégal rappelle que cette semaine donne tout son sens aux quarante jours de jeûne et de pénitence du Carême.
Abbé Roger Gomis insiste. « C’est vraiment important de le redire : le Carême n’a de sens que pour préparer les chrétiens à vivre en hommes nouveaux dans le Christ ressuscité. Le Dimanche des Rameaux et de la Passion est à la jonction des deux grands temps forts du Carême. Le premier étant un chemin de pénitence et de conversion de quarante jours et le second marqué par le Triduum Pascal (les trois jours saints du jeudi, vendredi et samedi) et qui va du Dimanche de Rameaux et de la Passion du Seigneur à la Veillée Pascale », explique-t-il.

Un chemin de foi et d’interrogations
Poursuivant son éclairage, le prêtre souligne que la Semaine Sainte est jalonnée de rassemblements liturgiques d’une grande intensité spirituelle. Ceux-ci permettent de célébrer le mystère pascal à travers des signes qui retracent la chronologie de la passion et de la mort de Jésus. Du Lundi au Mercredi saints, les fidèles sont invités à une profonde introspection.
« À l’approche des jours où Jésus, notre Sauveur, souffrit sa passion, nous nous retrouverons face à de grandes interrogations sur notre propre foi et notre adhésion à sa personne et à sa parole, à la lumière de l’Évangile. Croyons-nous véritablement en Jésus, le Fils de Dieu ? Quelle est la place que nous lui réservons dans notre vie ? Sommes-nous toujours prêts à le suivre partout et à rendre compte de notre espérance ? Est-ce vraiment l’enseignement du Christ que nous professons et mettons en œuvre au quotidien ? », interroge-t-il.

Le Triduum Pascal, cœur de la foi chrétienne
Abbé Roger Gomis s’est également exprimé sur la signification profonde du Triduum Pascal, qui débute le Jeudi Saint. Selon lui, au soir de ce jour, les chrétiens revivent et actualisent « la première eucharistie », célébrée par Jésus avec ses apôtres. Ils font mémoire de la Cène. Saint Paul rapporte : « La nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : ‘Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi… Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi’ ».
Saint Jean ajoute : « Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est venu de Dieu et qu’il retourne à Dieu, se lève de table, quitte son vêtement, prend un linge qu’il se noue à la ceinture. Puis, il verse de l’eau dans un bassin, se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture ».
Pour le prêtre, « l’Eucharistie est donc intimement liée au service. Nous sommes alors invités à y prendre part, dépouillés de nos prétentions et ambitions, avec le souvenir toujours vivace de notre libération et purification de tout esclavage du péché par le sang de l’Agneau ».

Vendredi Saint : la Croix et le sens du sacrifice
Le Vendredi Saint, poursuit-il, est marqué par la contemplation de la Croix, portée dans l’après-midi.
Symbole de souffrance et de mort, elle devient pourtant, par l’amour de Dieu, source de vie : « par la puissance et la fidélité de l’amour de Dieu, la Croix de Jésus devient élévation, nouvel axe d’un monde redressé et réorienté, source d’unification, de réconciliation et de paix ».
Il rappelle également que le chemin de croix, souvent organisé dans les paroisses, ne relève ni du folklore ni d’une simple mise en scène : « Ce n’est pas une pratique folklorique encore moins une reconstitution théâtrale, mais un acte liturgique de très grande importance pour les chrétiens ».

Samedi Saint : le silence et l’attente
Le Samedi Saint est celui du silence absolu. Jésus repose au tombeau. C’est le temps du deuil, du doute et de l’épreuve de la foi, où les espérances semblent s’effondrer, laissant place à l’inquiétude et à l’amertume. Les maîtres spirituels évoquent alors les « nuits de la foi ».

La Veillée Pascale : la victoire de la lumière
Puis, vient la nuit de la Veillée Pascale, moment culminant. « C’est d’abord une petite flamme dans la nuit, hors de l’église. Du cierge pascal qui approche, les fidèles se partagent ensuite cette lumière qui remplit et illumine non pas seulement l’église, mais les visages de chacun d’entre eux », décrit l’abbé Gomis.
Ainsi naît le « peuple de lumière », appelé à porter au monde le message de la Résurrection : faire retentir l’Alléluia, cri de la victoire définitive de la vie sur la mort, et louer le Seigneur des miséricordes infinies.

Viviane DIATTA