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MARCHE VERS PÂQUES: L’abbé Hyacinthe Malou appelle les fidèles à renouer avec la confession avant la Semaine sainte

À l’approche du dimanche des Rameaux, prévu le 29 mars, l’abbé Hyacinthe Malou, prêtre de la paroisse Sainte-Famille de Ndiédieng (diocèse de Kaolack), lance un appel pressant aux fidèles : renouer avec le sacrement de pénitence et de réconciliation avant Pâques. Face à la désaffection du confessionnal, il répond aux objections et propose des repères concrets pour bien entrer dans la Semaine sainte.

Le dimanche des Rameaux marque l’ouverture de la Semaine sainte. Les palmes brandies par les fidèles rappellent l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et annoncent les mystères de la Passion. Mais pour l’abbé Hyacinthe Malou, cette période exige avant tout une préparation intérieure souvent négligée.
« Comment prétendre célébrer, dans la joie, le mystère de Pâques sans avoir d’abord pensé à se confesser auprès du prêtre, ministre ordonné pour la mission de pardonner et d’absoudre le pénitent ? », interroge-t-il.
Tout au long de son propos, il revient sur cet appel de saint Paul : « Nous vous supplions au nom du Christ : soyez réconciliés avec Dieu » (2 Co 5, 20). Une exhortation qu’il considère comme le cœur même de la foi chrétienne. « Se réconcilier avec Dieu, avec soi-même et avec son prochain, voilà le cœur du cœur », insiste-t-il.

Un sacrement déserté, des objections persistantes
Le constat du prêtre est sans détour : le sacrement de pénitence est aujourd’hui « déserté par beaucoup ». Plusieurs raisons sont avancées par les fidèles.
Certains estiment pouvoir confesser directement leurs fautes à Dieu, sans passer par un prêtre. D’autres évoquent la honte, la peur ou encore de mauvaises expériences liées à des confesseurs indiscrets. D’autres enfin rejettent toute médiation religieuse au nom d’une égalité entre les hommes. « On entend souvent : ‘c’est ma faute, c’est mon affaire avec Dieu’ », rapporte-t-il.

Le prêtre, ministre du pardon
À ces objections, l’abbé Malou oppose une clarification doctrinale. Si le pardon vient de Dieu, celui-ci a voulu le transmettre à travers son Fils, puis aux apôtres et à leurs successeurs. « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis » (Jn 20, 22-23), rappelle-t-il.
Le prêtre agit ainsi in persona Christi – au nom du Christ – et non en vertu d’un mérite personnel. Le Code de droit canonique est formel : « Seul le prêtre est le ministre du sacrement de pénitence » (canon 965).
Concernant la crainte de l’indiscrétion, il rappelle l’existence du sceau sacramentel, « inviolable » selon le canon 983. « Il est absolument interdit au confesseur de trahir un pénitent, pour quelque cause que ce soit », insiste-t-il.
Aux fidèles blessés, son message est clair : « La faute d’un homme ne doit pas tenir à distance de la miséricorde de Dieu ».

Des effets spirituels bien réels
Pour l’abbé Hyacinthe Malou, les effets du sacrement ne sont pas symboliques. S’appuyant sur le Catéchisme de l’Église catholique (n°1496), il en énumère les fruits : remise de la peine éternelle des péchés mortels, remise partielle des peines temporelles, paix et sérénité de la conscience, consolation spirituelle, renforcement dans le combat chrétien.
Aucun acte privé, même sincère, ne peut produire ces effets, souligne-t-il. Pour illustrer la miséricorde divine, il cite saint Jean-Marie Vianney : « Vos fautes sont comme un grain de sable face à la montagne de la miséricorde de Dieu ».
« Ce n’est pas la gravité des fautes qui doit éloigner du confessionnal, mais la grandeur de la miséricorde qui doit y attirer », conclut-il.

Trois recommandations pour bien vivre la Semaine sainte
Sur le plan pratique, l’abbé Malou propose trois conseils majeurs. Anticiper la confession
Ne pas attendre les derniers jours avant Pâques. De nombreuses initiatives existent : retraites, récollections, nuits de prière ou encore « 24 Heures pour le Seigneur ».
Premièrement, faire un examen de conscience sérieux. Deuxième s’appuyer sur les commandements et les Béatitudes pour identifier clairement ses fautes. Cette démarche s’inscrit dans la conversion (metanoïa), un véritable changement de direction intérieure. Troisième respecter l’obligation pascale.
Le canon 920 rappelle que tout chrétien doit communier au moins une fois durant le temps pascal. « Communier sans réconciliation préalable serait une incohérence spirituelle grave », avertit-il. Il cite à ce propos l’Évangile : « Va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis reviens présenter ton offrande » (Mt 5, 23-24).

Un appel à dépasser la peur et la honte
Enfin, l’abbé Hyacinthe Malou s’adresse directement aux fidèles hésitants : « Dénouons-nous des liens de la peur et de la honte qui nous éloignent du pardon de Dieu ».
Il évoque enfin la parabole du fils prodigue : un père qui attend, pardonne et accueille sans condition. « Ce sacrement est le moment où l’homme reconnaît sa petitesse, et où Dieu, en retour, se rend présent pour le réconcilier avec lui », dit-il.
À quelques jours de la Semaine sainte, le message est limpide : le confessionnal est ouvert, et l’appel à la réconciliation plus pressant que jamais.

Viviane DIATTA