Société

TRAVAUX MÉNAGERS PENDANT LE CARÊME: Moins de charges pour les femmes chrétiennes

Durant le carême, les femmes catholiques sont généralement moins sollicitées par les travaux ménagers. Contrairement au Ramadan musulman où plusieurs repas rythment la journée, le carême chrétien se caractérise par un seul repas quotidien. Une situation qui allège considérablement les tâches domestiques et libère du temps que beaucoup consacrent à la prière, à la méditation ou à l’écoute de la parole de Dieu.

En période de Ramadan, les femmes musulmanes sont souvent les plus éprouvées par les corvées ménagères. Entre la préparation du repas de l’aube (xeud), celle de la rupture du jeûne (ndogou), généralement très fournie, et le dîner, les journées sont particulièrement chargées. Mais pendant le carême chrétien, le rythme est tout autre. Dans de nombreux foyers chrétiens, le quotidien des femmes reste relativement stable, avec des tâches souvent réduites.
Gaëlle Gomis, mère de trois enfants, en témoigne. Dans son foyer, elle et son mari ont choisi de prendre le repas du soir pendant le carême. Toutefois, ses responsabilités ménagères ne changent pas beaucoup. Elle continue de préparer le petit déjeuner et le déjeuner pour ses enfants qui ne jeûnent pas encore. Le soir, elle prépare le dîner pour toute la famille.
« Nous ne faisons ni ‘ndogou’ ni ‘xeud’. Donc, les corvées ne changent pas vraiment. La seule chose qui change, c’est la quantité de nourriture que l’on prépare. Pendant le carême, on réduit les dépenses. Ce que tu dépensais auparavant, tu le divises en deux et tu donnes la moitié aux pauvres », explique-t-elle.
Selon elle, tout dépend de la configuration familiale. « Dans une maison où il n’y a pas d’enfants et où tout le monde a choisi de manger le soir, il n’y a pratiquement rien à faire dans la journée », ajoute-t-elle.

Plus de temps pour la prière
C’est justement le cas dans la famille d’Émilie Basse, à Liberté 2. Dans cette maison, le calme règne. La demeure semble presque vide lorsque nous arrivons. Émilie s’affaire tranquillement à préparer des jus de fruits pendant que ses enfants sont à l’école ou au travail.
Dans cette famille, tous les jeûneurs ont choisi de prendre leur repas le soir. Le matin, la ménagère vient effectuer les tâches habituelles, prépare le dîner puis rentre chez elle. Pour Émilie Basse, le carême offre surtout plus de temps libre.
« Le matin, à part les prières, je n’ai pas grand-chose à faire. Je vais à toutes les messes de 7 heures. Au retour, je me repose un peu jusqu’à 10 heures avant de préparer mes jus, car mes clients viennent les récupérer vers 17 heures », explique-t-elle, non sans préciser que même la ménagère travaille moins longtemps durant cette période.
« Habituellement, elle descend à 18 heures. Mais pendant le carême, elle vient entre 14 h et 15 h, puisqu’il n’y a rien à préparer à part le dîner. Celui-ci est généralement servi vers 20 heures », poursuit Mme Basse.
Pour elle, le carême va bien au-delà d’une simple pratique alimentaire. « Le carême n’est pas seulement l’obéissance à une loi. C’est un temps pour se rendre disponible à ce que Dieu veut nous dire et pour nous laisser transformer par lui. Nous essayons de voir ce qui encombre notre vie afin de nous en libérer », souligne-t-elle.

Un temps de partage et de solidarité
Pour l’abbé Jules Pascal Coly, la réduction des repas pendant le carême doit également avoir une dimension spirituelle et sociale. « Avec le carême, les femmes ont naturellement moins à préparer. Il n’y a pas à rester dans la cuisine du matin au soir, puisqu’il n’y a qu’un seul repas par jour », explique-t-il.
Selon lui, cette pratique doit aussi encourager la solidarité. « L’Église recommande aux fidèles qui ont l’habitude de prendre trois repas par jour de se limiter à un seul. L’argent économisé doit être destiné aux plus démunis. Si quelqu’un dépensait par exemple pour plusieurs repas dans la journée et qu’il choisit de n’en prendre qu’un, il peut verser la différence à la Caritas diocésaine ou paroissiale pour aider les personnes dans le besoin », précise le prêtre.
Il rappelle enfin que le principe reste simple : « Si vous avez choisi de manger le soir, c’est à cette heure-là que doit se prendre votre unique repas ».

Viviane DIATTA