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PARALYSIE DU SYSTEME EDUCATIF: La COSYDEP tire la sonnette d’alarme et interpelle l’État

La crise qui secoue le système éducatif sénégalais continue d’inquiéter les acteurs du secteur. La grève prolongée des syndicats d’enseignants regroupés au sein du G7 suscite de vives réactions. Dans un communiqué publié vendredi, la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP) alerte sur les conséquences graves de cette situation pour les élèves et leurs familles.

« À trois mois de la fin de l’année scolaire, l’institution éducative traverse une crise d’une gravité inquiétante. L’avenir de toute une génération et la stabilité de notre capital humain sont en jeu », a déclaré Cheikh Mbow, Directeur exécutif de la COSYDEP, d’après qui, cette crise menace directement le fonctionnement de l’école. L’outil de travail des enseignants est fragilisé et les investissements consentis par les parents pour l’éducation de leurs enfants risquent d’être compromis. Il met également en garde contre les dangers auxquels sont exposés les élèves, notamment les risques d’abandon scolaire, alors que l’école demeure un levier essentiel de promotion sociale.
La COSYDEP souligne que « la situation actuelle se traduit par une paralysie du système éducatif. Plus de 150 heures de cours auraient déjà été perdues, créant un déficit important dans les apprentissages. Le boycott des évaluations et des cellules pédagogiques contribue aussi, selon l’organisation, à affaiblir la qualité du suivi pédagogique ».
Dans ce contexte, les élèves de l’école publique seraient les premières victimes de cette crise, qui risque d’accentuer les inégalités face aux examens nationaux. La coalition estime par ailleurs que « le bras de fer autour des ponctions sur les salaires alimente les tensions et conduit à une impasse ».
Face à cette situation jugée préoccupante, la COSYDEP appelle à « une implication directe des plus hautes autorités ». Elle invite notamment « le Premier ministre à conduire personnellement un dispositif de dialogue et de suivi, » tout en sollicitant « l’intervention du chef de l’État pour apaiser les tensions au sein de la communauté éducative ».
Pour sortir de la crise, l’organisation préconise « la conclusion rapide d’un accord minimal afin de rétablir la confiance et permettre la reprise normale des activités scolaires ». Elle recommande également de profiter des grandes vacances pour renforcer le cadre de concertation et engager une réflexion inclusive sur la refondation du système éducatif.
« L’avenir de l’école ne peut plus être pris en otage. Chaque jour d’inaction fragilise davantage l’avenir des enfants et le développement de la Nation », a averti Cheikh Mbow.

Aïssatou Mbène Coulibaly