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CRISE SCOLAIRE AU SENEGAL: Le G7 dénonce des ponctions « illégales » sur les salaires et menace de saisir le BIT

La tension reste vive dans le secteur de l’éducation. Face à la presse ce vendredi, à Dakar, les syndicats d’enseignants regroupés au sein du G7 ont vivement dénoncé les ponctions opérées sur les salaires des enseignants et accusé le gouvernement de bloquer la matérialisation des accords signés.

A l’occasion de cette rencontre avec la presse, les responsables syndicaux du G7, ont fustigé des prélèvements jugés « illégaux, disproportionnés et arbitraires », effectués selon eux en violation des règles en vigueur. Le G7, qui regroupe les syndicats enseignants les plus représentatifs, estime que ces mesures traduisent une volonté du gouvernement d’« humilier d’honnêtes travailleurs » exerçant pourtant un droit constitutionnel.
Selon les syndicats, la crise actuelle intervient dans un contexte déjà marqué par une forte réduction du quantum horaire dans les écoles. Pour eux, la priorité aurait dû être l’apurement du passif des accords conclus entre l’État et les enseignants afin de pacifier l’espace scolaire.

Au lieu de cela, le G7 accuse les autorités d’avoir choisi « la stratégie du pourrissement » en privilégiant l’intimidation, la provocation et la confrontation avec les syndicats, plutôt qu’un dialogue franc et sincère. Les enseignants affirment ne réclamer que deux choses : la matérialisation des accords signés avec l’État du Sénégal et l’ouverture de négociations sur les nouvelles revendications du secteur.

Menace de plainte internationale
Face à la situation, le G7 annonce envisager une plainte auprès du Bureau international du Travail (BIT) pour violation de la Convention n°95 de l’Organisation internationale du Travail (OIT), relative à la protection des salaires.
Les syndicats considèrent également que les retards dans la mise en œuvre des engagements pris par l’État relèvent de « manœuvres dilatoires ». Ils tiennent ainsi le gouvernement pour seul responsable des perturbations que pourrait connaître l’année scolaire 2025-2026.
Dans la poursuite de son mouvement, le G7 a évalué son cinquième plan d’action et annoncé la mise en œuvre d’un sixième plan en cours. Les syndicats appellent les enseignants à rester mobilisés, unis et solidaires pour défendre la valorisation de la fonction enseignante.
Ils exigent notamment la finalisation des travaux du comité technique bipartite, l’implication des plus hautes autorités de l’État pour trouver des solutions durables, la convocation urgente d’une rencontre de suivi conformément au protocole du 30 avril 2018.

Mame Ndella FAYE