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SORTIE DU PREMIER MINISTRE SUR LES AUDITS MINIERS: Les cimentiers contestent les chiffres avancés par Sonko

Les quatre cimenteries opérant au Sénégal – Sococim Industries, Les Cimenteries du Sahel, Dangote Cement Sénégal et Ciments de l’Afrique Sénégal – ont réagi à la récente sortie du Premier ministre, Ousmane Sonko, sur les conventions minières et les audits de leurs contrats.

Dans un document conjoint, les quatre industriels de la cimenterie au Sénégal, Sococim Industries, Les Cimenteries du Sahel, Dangote Cement Sénégal et Ciments de l’Afrique Sénégal, contestent les montants évoqués par le chef du gouvernement comme étant un « manque à gagner » pour l’État.

Selon eux, ces chiffres correspondent en réalité à des mécanismes incitatifs et à des clauses de stabilisation prévus par le Code minier en vigueur au moment de leurs investissements.Les cimentiers indiquent également avoir pleinement coopéré aux audits, dans un esprit de transparence administrative. « Nous avons fourni toutes les informations nécessaires dans un esprit de partenariat », précisent-ils.

Toutefois, ils soulignent que « les rapports finaux issus de ces audits n’ont pas encore été officiellement restitués ni validés par l’ensemble des parties prenantes ».Dans ce contexte, les industriels jugent qu’« il est essentiel que les conclusions de ces audits soient présentées dans un cadre officiel et transparent avant toute communication publique, afin de garantir une appréciation objective des engagements contractuels ».

« Ce débat administratif ne doit en aucun cas affecter la crédibilité des investissements industriels déjà engagés dans le pays », avertissent les cimentiers.Les entreprises rappellent par ailleurs le poids économique du secteur, avec « plus de 600 milliards de FCFA d’investissements réalisés au cours des cinq dernières années », contribuant à faire du Sénégal l’un des pays proposant les prix du ciment parmi les plus bas en Afrique de l’Ouest.

Sur le plan social, les cimenteries affirment générer « plus de 10 000 emplois directs et indirects, notamment dans les secteurs du transport, de la distribution et de la construction ». Elles indiquent également soutenir les communautés locales à travers des initiatives sanitaires, éducatives et d’autonomisation économique.

Cette contribution intervient dans un contexte où le secteur du BTP connaît un ralentissement depuis près de deux ans, contrairement à certains pays de la sous-région qui affichent des taux de croissance industrielle dépassant parfois 20%.

Les industries cimentières alertent enfin sur « les fortes pressions inflationnistes liées à la hausse des coûts de l’énergie, du transport et des intrants, dans un contexte géopolitique international tendu ».

Une situation qui pourrait entraîner « une augmentation significative des coûts de production, avec un impact potentiel sur le pouvoir d’achat des populations ».

Réaffirmant leur « confiance dans les institutions », les cimentiers disent rester « disponibles pour un dialogue constructif avec les autorités », tout en réitérant leur « ambition » de continuer à produire et à investir durablement pour la modernisation du territoire national.

Abdoulaye DIAO