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DURCISSEMENT DES PEINES CONTRE L’HOMOSEXUALITÉ: « And Samm Jikko Yi » célèbre « une victoire après dix ans de combat »

L’association « And Samm Jikko Yi » a exprimé, hier, lors d’une conférence de presse, sa joie et sa fierté après le vote par l’Assemblée nationale du projet de loi durcissant les peines liées à l’homosexualité, désormais passibles de cinq à dix ans d’emprisonnement assortis d’amendes. Pour le mouvement, cette décision marque une étape importante dans l’histoire du Sénégal, estimant que le Parlement a, pour la première fois sur cette question, reflété la volonté populaire.

Les responsables de l’association « And Samm Jikko Yi » considèrent que l’État a su entendre les aspirations d’une grande partie de la population, attachée à la préservation de ses valeurs culturelles et sociales. Ils ont salué l’adoption de ce texte qu’ils qualifient de « grande victoire », tout en adressant leurs remerciements au président de la République Bassirou Diomaye Faye, au Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi qu’aux députés qui ont voté la loi.

Selon les membres du mouvement, la question dépasse la seule problématique de l’homosexualité. Ils évoquent notamment ce qu’ils appellent « l’agenda du genre », estimant qu’il se manifeste à travers différents canaux institutionnels, notamment certaines directions dédiées au genre dans les ministères. Ils appellent ainsi à la vigilance, craignant que des organisations internationales ou des lobbies liés aux mouvements LGBTQ ne tentent de contourner les dispositions de la nouvelle loi.

Prenant la parole au nom du mouvement, Adama Mboup, porte-parole et vice-président de « And Samm Jikko Yi », a déclaré rendre grâce à Dieu pour l’aboutissement d’un combat mené depuis près d’une décennie. « C’est un combat qui a duré presque dix ans.

À plusieurs reprises, nous avons sollicité les autorités, car le peuple ne peut pas tout faire lui-même. Il faut une volonté politique pour concrétiser ses aspirations. Aujourd’hui, cette volonté s’est exprimée à l’Assemblée nationale avec l’adoption de cette loi à une large majorité », a-t-il affirmé.

Il a également rappelé que le mouvement avait déjà soumis une proposition de loi élaborée avec l’appui de juristes et de constitutionnalistes sous l’ancien régime. D’après lui, cette initiative a largement inspiré le texte adopté.

« Dans notre proposition, nous avions suggéré des peines de cinq à dix ans d’emprisonnement, ce qui a été retenu. En revanche, nous avions proposé des amendes allant d’un à cinq millions de francs CFA, alors que la loi adoptée prévoit désormais des sanctions financières de deux à dix millions de francs CFA », a précisé Adama Mboup.

L’association s’est également félicitée de certaines dispositions supplémentaires introduites dans le projet de loi, notamment celles concernant l’implication de mineurs dans des actes contre nature.

Dans ce cas, la peine maximale de dix ans d’emprisonnement pourra être appliquée, une mesure que le mouvement considère comme une avancée importante.

Enfin, « And Samm Jikko Yi » note que le texte renforce aussi les sanctions liées à l’apologie de ces pratiques, en élargissant la définition à toute représentation publique par la parole, l’écrit, l’image, le geste, l’enseignement ou tout autre procédé.

Lamine DIEDHIOU