PRATIQUE DU RAMADAN: Les prêches d’Oustaz Ibrahima Gueye sur la valeur du jeûne et des bonnes œuvres
Imam et animateur d’émissions religieuses, Oustaz Ibrahima Gueye a livré plusieurs recommandations et rappels à l’intention des fidèles durant le mois béni de Ramadan. Dans cet entretien, il a longuement insisté sur la valeur spirituelle du jeûne, la multiplication des bonnes actions et la nécessité pour les croyants de profiter de cette période pour renforcer leur foi.
Chaque année, le mois de Ramadan occupe une place particulière dans la vie des musulmans. Au Sénégal comme ailleurs dans le monde, ce mois sacré est marqué par une intensification des pratiques religieuses : jeûne, prières, lecture du Coran, solidarité et partage.
Pour Oustaz Ibrahima Gueye, cette ferveur s’explique par l’immensité des récompenses spirituelles promises aux croyants. « L’acte le plus puissant du mois de Ramadan, c’est le jeûne », explique-t-il.
Selon l’imam, le jeûne n’est pas seulement une privation de nourriture et de boisson durant la journée. Il constitue avant tout un acte d’adoration qui renforce la foi du croyant, discipline l’âme et rapproche le fidèle de Dieu. C’est pour cette raison qu’il est considéré comme l’un des piliers fondamentaux de l’islam.
Récompense incomparable pour le jeûneur
Pour illustrer l’importance de cet acte, l’imam établit une comparaison frappante avec les œuvres sociales. « Un croyant qui observe correctement le jeûne peut obtenir une récompense plus grande que celle d’une personne qui nourrirait, par exemple, les 18 millions de Sénégalais », souligne-t-il.
Cette comparaison vise à rappeler que, même si les actes de générosité et de solidarité sont fortement recommandés, le jeûne reste l’adoration centrale du mois de Ramadan. « Celui qui paie des médicaments pour tous les malades dans les hôpitaux aura certes un grand mérite, mais celui qui observe le jeûne sera encore mieux récompensé », précise-t-il.
Oustaz Ibrahima Gueye rappelle également que le jeûne constitue une obligation religieuse clairement mentionnée dans le Coran, notamment dans la sourate Al-Baqara. « Dieu demande aux croyants d’observer le jeûne afin qu’ils puissent atteindre la piété », rappelle-t-il.
Des récompenses spirituelles multipliées
Si les bonnes actions sont recommandées tout au long de l’année dans l’islam, elles prennent une dimension encore plus importante durant le mois de Ramadan. Selon Oustaz Ibrahima Gueye, ce mois possède des caractéristiques spirituelles uniques qui le distinguent de tous les autres moments de l’année.
« Le mois de Ramadan possède des particularités que l’on ne retrouve dans aucun autre mois. Les bonnes œuvres accomplies durant cette période n’ont pas les mêmes récompenses que celles réalisées à d’autres moments », explique-t-il.
Dans la tradition islamique, les actes de bien sont déjà récompensés de manière multipliée. Mais durant le Ramadan, cette récompense devient encore plus grande.
« Habituellement, Dieu multiplie les récompenses des bonnes actions par dix. Mais durant le Ramadan, nul ne sait par quel nombre commencent ces récompenses », affirme-t-il.
Pour cette raison, l’imam encourage les fidèles à profiter pleinement de cette période pour multiplier les œuvres de bienfaisance : aider les personnes en difficulté, soutenir les plus démunis, partager les repas de rupture du jeûne ou encore assister les malades.
Selon lui, ces actes constituent également une manifestation concrète de l’amour que les croyants portent au Prophète Mohammed (PSL).
« Le croyant qui multiplie les bonnes actions durant le Ramadan est celui qui manifeste le plus son amour envers le Prophète. Celui qui agit avec bonté n’a pas besoin de dire qu’il aime le Prophète ; ses actes parlent pour lui », souligne-t-il.
L’imam rappelle par ailleurs que le mois de Ramadan représente une opportunité spirituelle offerte par Dieu aux croyants pour se rapprocher davantage de Lui. Durant cette période, explique-t-il, plusieurs conditions favorisent la pratique religieuse. Les tentations sont réduites et l’environnement spirituel devient plus favorable à l’adoration.
« Dieu offre cette opportunité aux croyants en éloignant Satan afin qu’ils puissent accomplir leurs obligations religieuses dans de meilleures conditions », explique-t-il.
Toutefois, Oustaz Ibrahima Gueye met en garde contre une pratique excessive ou superficielle de la religion. « L’activisme religieux n’est pas recommandé. L’islam est avant tout un enseignement, une orientation et un mode de vie basé sur l’équilibre et les actes recommandés par Dieu », rappelle-t-il.
OUSTAZ IBRAHIMA GUEYE SUR LE POUVOIR DE LA CHARITÉ: « Elle peut détourner des problèmes »
Au-delà du jeûne et du respect des prières, la charité occupe également une place essentielle dans les recommandations du mois de Ramadan.Pour Oustaz Ibrahima Gueye, la générosité et la solidarité représentent des valeurs fondamentales de l’islam, particulièrement durant ce mois de partage.
« La charité possède un pouvoir extraordinaire. Elle peut détourner des problèmes », explique-t-il.
Pour illustrer cette idée, l’imam compare l’effet de la charité à celui d’un traitement médical.
« Comme l’effet des antibiotiques sur les microbes, la charité agit de la même manière dans la vie du croyant. Celui qui pratique la charité se protège contre les difficultés, les épreuves et les ennuis de la vie », affirme-t-il.
Parmi les actes particulièrement recommandés durant le Ramadan figurent également la lecture du Coran et la pratique du zikr, c’est-à-dire l’évocation et le rappel constant de Dieu.
Selon l’imam, certaines périodes de la journée sont particulièrement favorables pour ces pratiques spirituelles.
« La période qui va de la fin de l’après-midi jusqu’à l’heure de la rupture du jeûne est un moment privilégié pour la lecture du Coran et le zikr », indique-t-il.Oustaz Ibrahima Gueye insiste également sur l’importance du pardon durant ce mois sacré. Il invite les croyants à régler leurs différends et à restaurer les relations brisées.
Selon lui, plusieurs formes de pardon doivent être encouragées durant cette période : entre époux, entre frères et sœurs, au sein de la famille ou encore entre collègues de travail. « La dimension du pardon est très puissante en islam, surtout durant le mois de Ramadan », rappelle-t-il.
Pour l’imam, le Ramadan doit ainsi être considéré comme un moment de purification spirituelle, de réconciliation et de renforcement des liens sociaux.
« Le mois de Ramadan est une opportunité que Dieu offre aux croyants pour qu’ils fassent le bien, renforcent leur foi et améliorent leurs relations avec les autres », conclut-il.
Mamadou Lamine CAMARA

