REPORT IMMINENT DE LA CAN FÉMININE 2026: L’Afrique du Sud met la pression sur le Maroc et la CAF
À moins de deux semaines du coup d’envoi théorique au Maroc, la CAN féminine 2026 navigue à vue. Entre rumeurs de report, communication tardive de la CAF et sortie musclée de Pretoria, la compétition qualificative pour le Mondial 2027 s’enfonce dans l’incertitude.
Officiellement, la Coupe d’Afrique des nations féminine 2026 est programmée du 17 mars au 3 avril au Maroc. En coulisses pourtant, l’hypothèse d’un décalage est évoquée avec insistance. D’après les révélations de Sport News Africa, la Confédération Africaine de Football aurait déjà entériné le principe d’un report et envisagerait désormais une nouvelle fenêtre du 25 juillet au 16 août 2026, soit dans la foulée de la Coupe du monde masculine (11 juin-19 juillet).
L’officialisation de cette décision ne serait plus qu’une question de temps même si un doute subsiste sur le pays hôte, toujours selon la même source.À J-14, aucune confirmation formelle, aucun calendrier détaillé, aucune garantie logistique n’ont été publiquement consolidés. Le flou est total. Pourtant, il y a quelques semaines, le président de la CAF, Patrice Motsepe, se voulait rassurant.
« Nous ne pouvons pas changer la date (…) Il s’agit d’une compétition qualificative pour la Coupe du monde féminine 2027 », martelait-il, balayant toute hypothèse de décalage. Le message était clair : pas de plan B.Mais depuis, le silence de l’instance et l’absence de visibilité ont nourri la défiance. Au point de provoquer une sortie tonitruante du ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie. Très offensif, il a dénoncé un manque de communication et ouvertement mis en cause la capacité du Maroc à tenir ses engagements.
« La situation autour de la CAN féminine est très préoccupante. Nous ne laisserons pas le football féminin être traité de cette manière. Si le Maroc est prêt à accueillir la CAN Féminine après une CAN réussie, qu’il le fasse. S’il ne l’est pas, nous voulons lui dire que nous (l’Afrique du Sud, ndlr) avons des stades et que nous ne sommes pas un pays moins bien doté en infrastructures. Nous ne nous laisserons jamais prendre en otage par des pays moins bien équipés que nous », s’est plaint le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie.
Avant de poursuivre : « Nous n’attendons personne. Si le Maroc ne veut pas accueillir la compétition, l’Afrique du Sud est prête ».« Est-ce que tout le monde doit souffrir parce que le Sénégal a gagné la CAN ? »Derrière cette déclaration, un positionnement stratégique : celui d’un recours crédible, prêt à sauver une compétition fragilisée. McKenzie est allé plus loin, insinuant que le contexte post-CAN masculin, remportée par le Sénégal, aurait pesé dans l’équation.
« Est-ce que tout le monde doit souffrir parce que le Sénégal a gagné la CAN masculine ? Si le Sénégal n’avait pas remporté la finale, serions-nous encore dans cette incertitude ? », a pesté Gayton McKenzie avant d’asséner une pique au Royaume chérifien : « Le Maroc doit accepter que le football est un jeu : parfois on gagne, parfois on perd ».
Face à l’ampleur de la polémique, la CAF a fini par sortir de sa réserve. Son directeur de la communication, Luxolo September, a promis une prise de parole « dans les prochaines 48 heures », évoquant des discussions de haut niveau et un dossier traité en urgence.
En attendant, les fédérations qualifiées avancent à l’aveugle. Certaines auraient été informées d’un possible report. D’autres, comme le Sénégal, poursuivent leurs stages comme si le coup d’envoi était maintenu au 17 mars. À ce stade, une certitude s’impose : à force de temporiser, la CAF joue contre la montre. Et c’est tout le crédit du football féminin africain qui vacille.
Mouhamed DIEDHIOU

