BASKET AFRICA LEAGUE-AMADOU GALLO FALL SUR LA DÉLOCALISATION DE LA CONFÉRENCE SAHARA : « Il y avait un facteur temps, mais la BAL restera toujours connectée au Sénégal »
Dakar n’abritera pas la Conférence Sahara de la 6e édition de la Basket Africa League (BAL). Habituellement organisée dans la capitale sénégalaise, cette étape se tiendra finalement à Rabat, au Maroc, du 27 avril au 3 mai prochain. Une décision expliquée par le président de la Ligue africaine de basket, Amadou Gallo Fall, en marge du 8e congrès de l’AIPS à Banjul.
La 6e édition de la BAL débutera le 27 mars avec la Conférence Kalahari, prévue en Afrique du Sud. Quant à la Conférence Sahara, elle quitte donc Dakar pour le Maroc cette année. Interrogé sur ce changement, Amadou Gallo Fall reconnaît qu’il aurait souhaité maintenir l’événement au Sénégal, mais évoque des contraintes organisationnelles.« Nous sommes une ligue panafricaine.
Chaque année, nous évaluons nos options. Nous aurions bien aimé jouer au Sénégal, car c’est là que l’ADN de notre ligue s’exprime le mieux : un public connaisseur, chaleureux, passionné. Mais il y avait un facteur temps et il fallait pivoter rapidement », explique-t-il.
Un retour au format des saisons 2 et 3
Pour cette édition, la BAL revient à un format déjà expérimenté lors des saisons 2 et 3 : deux conférences de six équipes chacune, dont les quatre meilleures se qualifieront pour le « Final 8 ». Après le Rwanda, le Sénégal et l’Égypte, l’Afrique du Sud et désormais le Maroc rejoignent la dynamique d’expansion de la compétition.
« Nous cherchons à approfondir la connexion avec les supporters dans ces pays émergents du basketball, tout en restant connectés à nos fans au Sénégal. Notre siège est à Dakar et cela ne change pas », insiste le président. Amadou Gallo Fall rappelle d’ailleurs que des activités seront menées au Sénégal cette année, en attendant un éventuel retour de la Conférence Sahara à Dakar.BAL et JOJ : une synergie à renforcerAmbassadeur des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ Dakar 2026), Amadou Gallo Fall voit dans cette période une opportunité stratégique pour le pays.
« Nous sommes à quelques mois des Jeux Olympiques de la Jeunesse. C’est l’occasion de soutenir le COJOJ et le gouvernement du Sénégal afin de mobiliser l’énergie nécessaire autour de cet événement mondial qui mettra le Sénégal et toute l’Afrique sous les projecteurs », souligne-t-il.Il annonce également son intention de développer des initiatives conjointes entre la BAL et les JOJ pour promouvoir l’événement.
Un repositionnement stratégique et économique
Pour le dirigeant, la décision de délocaliser la Conférence Sahara ne remet nullement en cause l’importance du Sénégal dans le projet BAL. Il évoque une discussion constructive avec les autorités sénégalaises et assure qu’aucune porte n’est fermée pour l’avenir.
« Les autorités ont été à l’écoute. Nous avons cherché des solutions. Mais l’ampleur de la compétition et les contraintes de calendrier exigeaient une décision rapide. Nous reviendrons », explique-t-il.Il rappelle que la BAL évolue vers un modèle plus structuré, en discussion avec la FIBA, avec à terme une orientation vers des franchises, dans une logique plus proche de la Champions League internationale.
Le sport, un levier économique majeur
Au-delà du terrain, Amadou Gallo Fall insiste sur la dimension économique du projet. « L’industrie du sport génère des millions et des millions de dollars dans le monde. L’Afrique n’en a pas suffisamment bénéficié. Nous investissons lourdement dans le basketball africain et prenons en charge les équipes. Il s’agit de construire une industrie durable au service de nos communautés », ajoute M. Fall.
Le Sénégal, doté d’une salle moderne et d’une forte tradition de basketball, demeure un acteur central de cette vision. « Cela ne diminue en rien l’intérêt que nous portons au Sénégal. Nous reviendrons plus forts », promet le président de la BAL.
Fatou DIOUF

