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ONU : Quatre profils pour succéder à António Guterres en 2027

À l’approche de la fin du second mandat d’António Guterres à la tête de l’Organisation des Nations Unies, les regards se tournent déjà vers 2027.

Dans un contexte mondial marqué par la multiplication des conflits, les tensions géopolitiques, la crise climatique et l’aggravation des inégalités, quatre personnalités (deux femmes et deux hommes) issues de différentes régions du monde, avec les profils crédibles, sont candidates pour briguer le poste de Secrétaire général.

Rafael Grossi (Argentine)Diplomate chevronné, Rafael Grossi dirige actuellement l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Spécialiste des questions nucléaires et de sécurité internationale, il s’est imposé comme un acteur central dans les dossiers sensibles liés à la prolifération nucléaire, notamment en Iran et en Ukraine.Son profil technique et sa maîtrise des équilibres stratégiques mondiaux constituent des atouts dans un contexte où la sécurité internationale reste une priorité. Un éventuel mandat sous sa direction pourrait mettre l’accent sur le désarmement, la non-prolifération et la gestion des crises à haute intensité.

Michelle Bachelet (Chili)Ancienne Présidente du Chili et ex-Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet dispose d’une solide expérience politique et multilatérale.Médecin de formation et figure reconnue du leadership féminin en Amérique latine, elle a marqué son passage à l’ONU par une défense affirmée des droits humains dans des contextes parfois sensibles. Sa candidature porte une vision axée sur la protection des libertés fondamentales, l’égalité des genres et la justice sociale.

Rebeca Grynspan (Costa Rica)Économiste et actuelle Secrétaire générale de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement), Rebeca Grynspan est reconnue pour son expertise en développement durable, financement international et réduction des inégalités.Dans un monde confronté à l’endettement croissant des pays du Sud et aux fractures économiques persistantes, son profil pourrait incarner une orientation davantage tournée vers la réforme du système financier international et la promotion d’un développement inclusif.

Macky Sall (Sénégal)Ancien Président de la République du Sénégal (2012-2024) et ex-Président en exercice de l’Union africaine, Macky Sall bénéficie d’une longue expérience à la tête d’un État et d’une organisation continentale.Ingénieur géologue de formation, il a piloté plusieurs initiatives africaines sur la dette, le financement du développement et la réforme de la gouvernance mondiale. Son profil s’inscrit dans une dynamique de rééquilibrage géopolitique, avec la possibilité qu’un Africain accède pour la troisième fois au poste de Secrétaire général de l’ONU, après Boutros Ghali (Egypte) et Koffi Annan (Ghana).

Un enjeu mondial

Quatre nationalités, quatre trajectoires, mais un même défi : diriger l’ONU dans un contexte international complexe et fragmenté. La prochaine désignation du Secrétaire général ne sera pas seulement une question de compétence individuelle, mais aussi d’équilibres diplomatiques entre les grandes puissances et les régions du monde.

À l’horizon 2027, le choix du successeur d’António Guterres sera donc hautement stratégique, à la croisée des enjeux de paix, de développement, de droits humains et de réforme du multilatéralisme.

Lamine DIEDHIOU