CANDIDATURE AU SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE L’ONU: Macky Sall décline une vision en trois piliers pour « refonder le multilatéralisme »
Candidat au poste de Secrétaire général de Organisation des Nations Unies (ONU), l’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, expose une ambition claire : refonder le multilatéralisme pour répondre aux défis systémiques du XXIe siècle.
Dans un contexte mondial marqué par la persistance et l’escalade des conflits, les tensions géopolitiques, la vulnérabilité climatique, la progression des menaces sanitaires et une conjoncture économique fragilisée par le poids de la dette des pays en développement, il estime que la crise actuelle n’est ni conjoncturelle ni passagère, mais « systémique et exceptionnelle par son ampleur ».
Pour Macky Sall, l’ONU reste « le cadre universel indispensable de dialogue et d’action collective ». Toutefois, elle fait face à une défiance croissante, à des critiques sur son efficacité et à un risque d’affaiblissement inédit. « Pour continuer de porter les idéaux à la base de sa création et répondre aux attentes des États membres, l’Organisation doit être réformée, rationalisée et modernisée », affirme-t-il.
Fort de quatre décennies de gestion des affaires publiques, dont douze années à la tête du Sénégal, et d’une expérience internationale en tant que président en exercice de l’Union africaine et du NEPAD, il propose un leadership fondé sur l’écoute, le dialogue et le pragmatisme.
Trois piliers stratégiques
Sa vision repose sur trois axes majeurs. Forger une vision intégrée de la paix, de la sécurité, du développement et de la prospérité partagée, Rénover et revitaliser le multilatéralisme. Renforcer la gouvernance des Nations UniesPaix, sécurité et développement : une approche intégrée. Pour le candidat sénégalais, la prospérité mondiale repose d’abord sur la paix.
Il prône une approche axée sur la désescalade, la prévention des conflits et le renforcement des mécanismes d’alerte précoce.Il insiste sur un dialogue permanent entre le Secrétariat général et le Conseil de sécurité, une meilleure coordination avec les organisations régionales, une synergie accrue entre opérations de paix, agences de développement et organismes humanitaires.Son objectif est de rationaliser les interventions sur le terrain, éviter les doublons et maximiser l’impact, en accordant une attention particulière aux pays structurellement fragiles.
Sur le plan économique, il estime que la paix ne peut être durable sans lutte contre la pauvreté, les inégalités et la vulnérabilité climatique. Face aux limites de l’aide publique au développement, il s’engage à promouvoir davantage l’investissement et le commerce international comme leviers de croissance partagée.
Revitaliser un multilatéralisme en mutation. Dans un monde multipolaire traversé par des risques de fragmentation, Macky Sall considère que le multilatéralisme demeure le meilleur cadre pour répondre aux défis globaux : migration, dette, sécurité sanitaire, intelligence artificielle, environnement.
Il promet d’être un Secrétaire général « facilitateur et bâtisseur de ponts » entre États membres, société civile et secteur privé.
La revitalisation du système passe, selon lui, par une réforme réaliste et consensuelle du Conseil de sécurité pour renforcer sa représentativité et sa légitimité, une redynamisation de l’Assemblée générale, une meilleure coordination du Conseil économique et social et un partenariat renforcé avec les institutions de Bretton Woods et les acteurs non étatiques.
Il plaide également pour que la lutte contre les violences faites aux femmes, l’autonomisation féminine et le soutien à la jeunesse demeurent au cœur de l’agenda international.
Une gouvernance plus efficace et responsable.
Le troisième pilier de sa vision concerne la gouvernance interne de l’Organisation. Macky Sall met en avant trois principes directeurs : rationaliser, simplifier, optimiser. Il entend promouvoir une gestion transparente et orientée vers les résultats, une utilisation optimale des ressources humaines et financières, un financement plus prévisible et durable et une modernisation des méthodes de travail, notamment par l’innovation technologique et l’évaluation des performances.
Il souhaite également améliorer la coordination entre agences, fonds et programmes afin de rendre l’ONU plus flexible et mieux adaptée aux réalités du terrain.
Une ambition de refondation
En somme, Macky Sall ambitionne de repositionner l’ONU comme plateforme stratégique centrale de concertation mondiale, capable d’apporter des réponses collectives crédibles et efficaces aux grands enjeux contemporains : paix, sécurité, développement, climat, santé mondiale, technologies émergentes et dette.
Sa candidature s’inscrit ainsi dans une volonté affichée de restaurer la confiance dans le multilatéralisme, en sauvegardant son unité, son autorité morale et son efficacité opérationnelle.
Lamine DIEDHIOU

