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PONCTION SUR LES SALAIRES DES ENSEIGNANTS: Ndongo Sarr dénonce un revirement du Premier ministre

Le Secrétaire général du cadre unitaire syndical des enseignants du moyen-secondaire (CUSEMS), Ndongo Sarr, est monté au créneau après les ponctions opérées sur les salaires des enseignants grévistes. Il a vivement critiqué la sortie du Premier ministre, Ousmane Sonko, à l’Assemblée nationale, dénonçant un revirement politique et un durcissement qui, selon lui, compromet toute issue négociée à la crise.

La tension monte entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants. Réagissant aux retenues sur salaires appliquées aux grévistes, le Secrétaire général du CUSEMS, Ndongo Sarr, a livré une charge sévère contre les autorités, notamment après les déclarations faites à l’Assemblée nationale mardi dernier par le Premier ministre et le ministre de la Fonction publique. D’emblée, le responsable syndical qualifie les interventions gouvernementales de « catastrophiques ».

« Sur les discours du Premier ministre et du ministre de la fonction publique à l’Assemblée nationale, c’est catastrophique ! Ousmane Sonko a tout faux sur la justesse de nos revendications. Secrétaire général national du SAID, le syndicat des agents et domaines, il tenait un tout autre discours. Qu’est-ce qui a changé ? SGN du SAID, Sonko nous a même aidés à bâtir l’argumentaire pour soutenir la revendication sur l’équité dans le système de rémunération des agents de l’État.

Lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2024, lui et le candidat Bassirou Diomaye Faye nous avaient vendu la correction du système de rémunération », révèle le SG du CUSEMS.

Pour Ndongo Sarr, « les contraintes budgétaires invoquées par l’exécutif tout comme les difficultés nées de l’héritage de l’ancien régime ne sauraient justifier un reniement ».

Le responsable du CUSEMS s’en est également pris au ministre de la Fonction publique, accusé de minimiser les inégalités salariales au sein de l’administration. « Le ministre de la Fonction publique a lui aussi tenté de nier l’évidence : les lenteurs administratives et l’iniquité dans le système de rémunération des agents de l’État. Il a soutenu qu’en termes d’indemnités, les enseignants n’étaient pas mal habillés. C’est sans doute la raison pour laquelle, par sobriété ou ascétisme, lui, l’ancien professeur de philosophie, a migré vers les régies financières très mal habillées, pour ne pas dire dévêtues, en matière d’avantages », charge-t-il Olivier Boucal.

Menaces et ponctions : « un choix du raidissement »

Au-delà du débat sur les indemnités, Ndongo Sarr estime que le ton employé par les autorités risque d’aggraver la crise. « Les menaces proférées sont mal venues. Elles ne feront qu’envenimer la situation, radicaliser les enseignants », avertit-il, tout en s’étonnant par ailleurs du contraste entre les initiatives de médiation en cours et la posture gouvernementale.

« Curieux qu’au moment où des acteurs de la société civile comme la COSYDEP, des institutionnels, dont des députés de la commission Éducation de l’Assemblée nationale, multiplient les initiatives pour restaurer la confiance entre acteurs et restaurer la paix dans l’espace scolaire, certaines autorités mettent de l’huile sur le feu », apostrophe-t-il.

Mettant le curseurs sur les retenues sur salaires, le syndicaliste affirme qu’elles ne détourneront pas les enseignants de leurs revendications. « Les ponctions de salaires, du reste attendues, ne nous distrairont point. Vigoureusement, le gouvernement a fait le choix du raidissement en lieu et place du dialogue sans lequel aucune solution ne sera trouvée », constate-t-il.

Alors que la crise scolaire s’enlise, les syndicats maintiennent leur exigence d’équité dans le système de rémunération des agents de l’État. De son côté, le gouvernement invoque le principe du « service fait » pour justifier les retenues salariales.

Mariem DIA