ABBÉ JEAN-MARIE PREIRA, VICAIRE À LA PAROISSE SAINTE-AGNÈS DE RUFISQUE: « Le chemin de croix est une pratique de piété populaire »
Tous les vendredis du temps de Carême, les fidèles catholiques se rassemblent dans les paroisses pour vivre le « chemin de croix ». Pour l’abbé Jean-Marie Preira, vicaire à la paroisse Sainte-Agnès de Rufisque, cette dévotion constitue une œuvre glorieuse rendue à Dieu et salutaire pour l’âme.
Hier encore, de nombreux fidèles ont afflué vers les différentes paroisses pour participer à cette prière méditative, célébrée chaque vendredi durant le saint temps de Carême. Selon l’abbé Jean-Marie Preira, le chemin de croix permet aux catholiques de parcourir spirituellement l’itinéraire qui a conduit Jésus vers sa crucifixion au Golgotha.
Revenant sur l’origine de cette pratique, il rappelle que, « dès l’Antiquité, les chrétiens de Jérusalem ont voulu refaire le chemin douloureux de leur Sauveur, du palais de Pilate jusqu’au Golgotha. Au XVe siècle, les franciscains, gardiens des Lieux saints, ont introduit en Europe des reproductions de la Passion du Seigneur. Les fidèles pouvaient ainsi suivre symboliquement Jésus dans les rues de Jérusalem, s’arrêtant à chaque station pour méditer et prier ».
Pour le vicaire, il faut comprendre que « le chemin de croix est avant tout un chemin d’amour ». « La Passion de Jésus-Christ n’est pas d’abord une souffrance subie, mais un acte d’amour librement offert pour l’humanité. C’est l’amour du Cœur de Jésus qui l’a porté à un tel excès de douleurs. C’est l’amour pour les âmes des pécheurs qui l’a élevé sur la Croix », explique-t-il.
« Le chemin de croix n’est pas une obligation stricte »
Pour l’abbé Preira, le chemin de croix est également un chemin de conversion. La souffrance traversée par le Christ invite chaque croyant à une transformation intérieure. « La Croix fait partie intégrante de la vie du chrétien. Mais elle conduit toujours à la résurrection, au relèvement. Le chemin de croix est ainsi un chemin d’espérance.
Le Christ ne s’est pas arrêté à la souffrance et à la mort : il les a traversées par sa résurrection », prêche le religieux.Il précise toutefois que cette pratique n’est pas obligatoire. « Il ne s’agit pas d’un précepte liturgique universel comme la messe dominicale. Le chemin de croix est une dévotion traditionnelle, une pratique de piété populaire. Ce n’est pas une obligation stricte, mais une recommandation forte de l’Église, qui nous encourage à faire ce parcours spirituel en mémoire de Jésus-Christ », souligne-t-il.
Selon lui, pour bien vivre le temps de Carême, les fidèles sont appelés à pratiquer le jeûne, la prière, le partage et la pénitence. Le chemin de croix aide à incarner concrètement ces piliers spirituels.
« Il donne la grâce du regret de nos fautes »
Évoquant ses bienfaits, l’abbé Jean-Marie Preira affirme que le chemin de croix éveille chez les fidèles un profond sentiment de compassion. Il s’agit de prendre part aux souffrances du Sauveur en signe de reconnaissance et d’amour.
« En parcourant le chemin de croix, nous disons à Jésus : ‘Nous ne t’abandonnons pas. Nous sommes avec toi. Nous partageons ta souffrance, Seigneur, parce que nous croyons que tu nous as sauvés par ta Croix’ », explique-t-il.Cette méditation, poursuit-il, donne à l’âme lumière et force pour grandir spirituellement.
« Le chemin de croix nous purifie. Il nous donne la grâce du regret de nos fautes. En méditant les stations, nous comprenons que c’est pour notre salut que le Seigneur a été injustement condamné à mort. C’est pour nous qu’il a porté ce bois pesant. Cette vérité d’amour doit nous conduire à la contrition », souligne-t-il.
Enfin, le vicaire rappelle que la souffrance n’a pas le dernier mot dans la vie du chrétien. « Le Dieu qui nous a créés par amour ne peut pas nous abandonner dans la douleur et la mort. Quelle que soit la souffrance que tu traverses, garde courage et fixe ton regard sur la Croix de Jésus. Il est tombé trois fois et s’est relevé pour toi. Le plus fort n’est pas celui qui ne tombe jamais, mais celui qui sait se relever et continuer sa route », marque abbé Preira dans un message d’espérance qui rappelle qu’au-delà de toute souffrance, une joie sans fin attend celui qui persévère jusqu’au bout.
Viviane DIATTA

