Société

KAFFRINE – APRES TROIS MOIS DANS LE COMA: L’adjointe au maire Aïssatou BA succombe à ses blessures après des violences politiques

La commune de Kaffrine est sous le choc. L’adjointe au maire, Aïssatou BA, est décédée ce mercredi 18 février 2026 des suites de graves blessures subies lors d’affrontements politiques survenus le 2 novembre 2025. Après plus de trois mois d’hospitalisation et un long coma, l’élue locale n’a pas survécu.

Les incidents s’étaient produits dans un climat de forte tension politique, à l’occasion d’une cérémonie officielle de remise des clés de salles de classe réhabilitées dans les écoles 3 et 4 de la commune, dans le cadre du programme Promoville.

Selon plusieurs témoignages concordants, une altercation signalée à l’école 4 avait rapidement dégénéré avant de s’étendre à l’école 3.

Des jeunes affiliés à l’Alliance pour la République (APR) et des au parti Pastef s’étaient violemment affrontés.Au cours des heurts, Aïssatou Ba a été atteinte à la tête par un projectile, présenté comme un morceau de pavé.

Grièvement blessée, elle avait été évacuée en urgence à l’Hôpital Thierno Birahim Ndao avant d’être transférée à Touba pour une prise en charge spécialisée.

Plongée dans le coma durant plusieurs semaines, l’adjointe au maire avait, selon des sources médicales, brièvement repris connaissance. Mais son état demeurait préoccupant. Malgré les soins intensifs, elle a finalement succombé à ses blessures ce mercredi.

Son décès, intervenu près de quatre mois après les affrontements, ravive une profonde émotion au sein de la population kaffrinoise.

De nombreux habitants évoquent « une perte douloureuse » pour la commune. Au-delà du drame humain, cette disparition relance le débat sur la montée des violences politiques au niveau local. À Kaffrine, les rivalités entre militants de l’APR et de Pastef prennent une tournure préoccupante à l’approche des élections locales de 2027.

Des voix s’élèvent déjà pour appeler à l’apaisement, à la retenue et à la responsabilité des acteurs politiques, afin d’éviter que la compétition électorale ne bascule à nouveau dans la violence.

En attendant d’éventuelles suites judiciaires et alors que l’enquête ouverture par la police est toujours au point mort, la commune de Kaffrine pleure une élue dont le mandat aura été brutalement interrompu par le destin.

Adama AIDARA