Société

HOMOSEXUALITE: Les « Ibadous » appellent à un durcissement de la loi et à la « préservation des valeurs morales »

La Jama’atou Ibadou Rahmane (JIR) est montée au créneau. Dans une déclaration rendue publique à Thiès ce 15 février, l’organisation religieuse appelle à la « préservation des valeurs morales » et exhorte les autorités sénégalaises à renforcer l’arsenal juridique contre l’homosexualité.

Dans un document, la Jama’atou Ibadou Rahmane (JIR) exprime sa vive préoccupation face à ce qu’elle qualifie de « recrudescence d’actes contre nature » au Sénégal, estimant que cette situation constitue « une menace réelle à la cohésion sociale, à la santé publique et à l’équilibre moral de la nation ».

L’organisation évoque notamment de récentes arrestations opérées par la Police et la Gendarmerie pour des faits d’« actes contre nature », parfois assortis d’accusations connexes telles que la « transmission volontaire du VIH » et « l’association de malfaiteurs » .

La JIR rappelle que les relations sexuelles entre adultes consentants du même sexe sont considérées au Sénégal comme un délit pénal, passible d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, assortie d’une amende.

Face à cette situation, la JIR réaffirme son attachement à « une société sénégalaise fondamentalement vertueuse et profondément attachée aux valeurs spirituelles et morales qu’enseigne l’Islam ».

Dans ses recommandations adressées aux autorités et aux citoyens investis d’une responsabilité sociétale, l’organisation propose notamment, « l’adoption d’une loi sans équivoque consacrant la criminalisation de l’homosexualité, l’application rigoureuse des textes actuellement en vigueur, la mise en place de programmes nationaux de sensibilisation et de renforcement de l’éducation morale et religieuse, l’implication accrue des autorités religieuses et coutumières dans les politiques publiques liées à la moralité, la création d’un dispositif de veille citoyenne et une utilisation responsable des réseaux sociaux afin d’éviter les stigmatisations et accusations infondées ».

Cette prise de position intervient dans un contexte où les questions liées aux libertés individuelles, aux valeurs culturelles et religieuses et à l’application du Code pénal continuent d’alimenter le débat public au Sénégal.

Si certains acteurs religieux et sociaux plaident pour un durcissement des lois, d’autres voix appellent au respect des droits humains et à une approche davantage centrée sur la santé publique et la cohésion sociale.

Mamadou Lamine CAMARA