CÉLÉBRATION DU MARDI GRAS: À Dakar et Thiès, les écoles renouent avec la fête et la diversité
À quelques jours du mercredi des Cendres, qui marque l’entrée dans le Carême chrétien, plusieurs établissements scolaires de Dakar et de Thiès s’activent dans les préparatifs du traditionnel Mardi gras. Costumes prêts, programmes ajustés, défilés répétés : dans les cours d’école, l’heure est déjà à la fête.Célébré la veille du mercredi des Cendres, le Mardi gras est l’un des moments les plus attendus par les élèves.
Demain, le temps d’une journée, les uniformes laissent place aux tenues traditionnelles, aux costumes de métiers, aux super-héros ou encore aux figures religieuses et coutumières. Une manière ludique d’exprimer la richesse culturelle du pays.Des écoles transformées en scènes coloréesAu niveau des Cours Sainte Marie de Hann, l’événement signe un grand retour après trois années d’absence.
Une décision prise, selon Louise Béatrice Diagne, préfète du département élémentaire, pour redonner le sourire aux pensionnaires.
« Nous organisons le Mardi gras pour faire plaisir aux enfants, parce que cela fait longtemps qu’ils ne l’ont pas célébré », explique-t-elle.Le programme est déjà fixé : cours de 8h à midi, puis place aux déguisements à partir de 12h30. Aucune contrainte vestimentaire n’est imposée. Chaque élève choisit librement son costume.
« Les enfants se déguiseront selon leurs envies : tenue traditionnelle, moderne, métier de rêve ou super-héros. Ils auront le choix », précise Mme Diagne.
Dans la cour, les élèves du CI au CM2 défileront par niveau avant un spectacle animé par « Alex, le grand danseur », accompagné de ses élèves. Au-delà de la fête, l’établissement met en avant un message fort : la tolérance et l’acceptation de l’autre.
« L’école est multiculturelle. Nous avons le programme sénégalais, le programme français et un parcours bilingue. Le Mardi gras permet de valoriser cette diversité », souligne la préfète.
Une organisation pilotée par les élèves
À l’Institution Marc Perrot, la tradition est également maintenue. Ici, l’organisation repose principalement sur le gouvernement scolaire du collège et du lycée. Jacques Patterson, chargé de communication, détaille le dispositif.
« D’habitude, ce sont les élèves eux-mêmes qui organisent le Mardi gras au niveau du collège-lycée », confie-t-il.
Les déguisements restent libres et le carnaval est au rendez-vous. Toutefois, la formule diffère selon les cycles. « Pour le lycée, les cours s’arrêteront à 10 heures. Il y aura ensuite une petite fête, un moment convivial autour d’un repas, mais rien de très formel », précise-t-il.
L’essentiel, insiste-t-il, est de préserver ce moment de détente et de partage.
À Thiès, la fête comme outil pédagogique
Même ambiance du côté de la Success Academy Thiès, où élèves et enseignants attendent l’événement avec impatience. Selon l’enseignante Khadidiatou Bessom Faye, le choix des costumes est totalement libre. Mais derrière les masques et les perruques se cache un véritable objectif éducatif.
« Le Mardi gras permet de vulgariser les idéaux de paix : le respect mutuel, la compréhension entre les peuples et l’acceptation des différences culturelles, sociales ou religieuses », explique-t-elle, en insistant sur un aspect « important ».
A savoir que « c’est un moment de joie et de partage ».Pour les enseignants, la fête devient ainsi un outil pédagogique favorisant l’ouverture d’esprit et la découverte de l’autre.
Un enthousiasme nuancé
Si l’engouement est palpable dans plusieurs établissements, toutes les écoles n’ont toutefois pas maintenu la célébration cette année. La proximité du mois de Ramadan, qui débute la même semaine, a conduit certaines directions à faire l’impasse sur l’événement par respect du calendrier religieux.
Entre carnaval, pédagogie et dialogue interculturel, le Mardi gras s’impose néanmoins, là où il est célébré, comme un temps fort de l’année scolaire : un instant suspendu où l’école se transforme en théâtre vivant de la diversité sénégalaise.
Mame Ndella FAYE

