LA CHRONIQUE DE MLD:Le pouvoir-Pastef joue avec les allumettes…Par Mamadou Lamine DIATTA
« Le Leadership n’a rien à voir avec les titres, les positions ou les organigrammes. C’est la capacité d’une personne à utiliser sa vie pour influencer d’autres. »
John Maxwell
À la lecture du communiqué du conseil des ministres de ce mercredi 11 février 2026, le Sénégalais lambda est franchement gagné par un sentiment de surprise, d’amertume, de lassitude et de désespoir. Disons-le tout net, dans le contexte actuel, ce communiqué est juste un scandale.
Peu de mots sur la situation délicate que vit présentement cette poudrière universitaire en pleine crise. Une escalade ayant atteint son pic avec la mort tragique du jeune Abdoulaye Ba, cet innocent au visage d’ange qui ne demandait pas grand-chose à son peuple et à ses hauts-dirigeants. Juste la sécurité dans la cité U, de meilleures conditions de vie et d’études…Bref, l’affection, la protection et l’accompagnement de son pays. Pas plus !
Au regard de la tournure des évènements du lundi 09 février 2026, lundi noir s’il en est, il semble que c’était trop demander à ceux qui ont actuellement la charge historique de diriger ce pays pauvre en proie à d’inextricables difficultés de trésorerie dans le domaine macro-économique.
Apparemment, l’État ne mesure pas encore la gravité de la situation ou du moins fait semblant. On ne sait jamais. La déception est à son comble. Le Président de la République et son Premier ministre ont juste présenté leurs condoléances après avoir évoqué la « modernisation consensuelle de la gouvernance universitaire » et on passe à autre chose.
On semble minimiser la situation. C’est du moins l’impression que renvoie cette attitude. Le réveil risque d’être brutal. La plaie UCAD ne s’est pas encore cicatrisée. Elle reste béante. Clairement.
Pas de remise en cause de la gestion controversée de cette crise par un ministère de tutelle dépassé par les enjeux et puis aucune mention sur la chaîne des responsabilités.
Ce communiqué du conseil des ministres est exactement dans le déni.
Le Président Bassirou Diomaye Faye semble adopter la stratégie du temps long. La recette est connue : afficher et assumer la froideur du patron devant l’urgence pour laisser les tensions macérer et porter l’estocade sous la forme de sédatifs dans quelques jours voire quelques semaines.
Cette méthode éprouvée était d’ailleurs utilisée par les anciens régimes qui refusaient souvent de réagir à chaud devant la pression populaire. Mais elle a ses limites.
Jacques Prévert avait déjà lancé l’avertissement suivant : « Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes » Une phrase satirique juste pour mettre en lumière le danger des idées abstraites (allumettes) manipulées par des penseurs déconnectés du réel. Eh bien, ce gouvernement sénégalais au communiqué –conseil des ministres insipide joue exactement dans un registre aussi dangereux.
C’est limite sidérant et désespérant surtout que John Maxwell avait renchéri : « Le Leadership n’a rien à voir avec les titres, les positions ou les organigrammes. C’est la capacité d’une personne à utiliser sa vie pour influencer d’autres.» Imparable !
Ce gouvernement semble déconnecté de la réalité et offre par ricochet l’image de l’autruche qui se cache la tête dans le sable.
Le pouvoir-Pastef joue avec les allumettes. Sinon comment expliquer le simple fait qu’il s’obstine à mettre de l’huile sur le feu par l’entremise de plusieurs communiqués iniques notamment celui relatif à la suspension des amicales d’étudiants et à la fermeture provisoire du campus social. Or, la poursuite des activités
pédagogiques est consubstantielle à l’ouverture du campus social surtout que l’écrasante majorité des étudiants n’habite pas Dakar. C’est connu, ce sont essentiellement des jeunes issus des régions. Que dire également de l’effet domino constaté au sein des universités régionales comme Ziguinchor, Saint- Louis mais aussi Bambey dont le CROUS a procédé ce jeudi à la fermeture du restau U ? Ce manque de Leadership des autorités est sidérant. Les décisions unilatérales prises souvent sur un coup de tête produisent toujours un effet- boomerang.
En tous les cas, cette violence inouïe sur les étudiants ayant abouti au décès du regretté Abdoulaye Ba est pour le moins inadmissible. On a rarement vu cela dans l’espace universitaire. On nous parle de l’ouverture d’une enquête et le Premier ministre insiste d’ailleurs sur l’urgence de situer les responsabilités judiciaires liées à ce drame. Il est évident qu’avec l’avancée de la technologie, ce ne sera pas la mer à boire de tirer cette affaire au clair afin d’identifier les auteurs de cette cruauté au cœur de l’impressionnant dispositif des FDS déployé le jour des échauffourées dans le campus social. Il faudra le faire au plus vite sans oublier de procéder à des limogeages de ministres et de Directeurs de CROUS si les résultats des investigations l’exigent.
Ce pays épuisant reste une grosse arnaque !

