Société

AFFECTATION DE 1 000 HECTARES A UN PROMOTEUR A OUASSADOU: Les populations déterminées à préserver leurs terres

Une affectation de 1 000 hectares accordée par l’ancienne équipe municipale à un promoteur pour la réalisation d’un projet de ferme agricole intégrée suscite une vive tension dans la commune de Ouassadou, située dans l’arrondissement de Pakour, département de Vélingara.

Malgré une tentative de médiation initiée par l’autorité administrative, aucun consensus n’a pu être trouvé entre les populations locales et le promoteur.Le foncier est au cœur de cette crispation. Les populations s’opposent fermement à la mise en œuvre du projet, évoquant de mauvaises expériences passées avec des initiatives similaires.

Craignant un affrontement, le sous-préfet de Pakour a convoqué une rencontre à la place publique de Ouassadou, dans l’espoir de trouver une solution à l’amiable.Présent à la rencontre, le promoteur du projet, M. Cissé, a tenu à rassurer les populations.

Selon lui, toutes les procédures administratives ont été respectées depuis le lancement du projet en 2022.« C’est vrai qu’on aurait pu démarrer par ce type de concertation pour dissiper toute incompréhension », a-t-il concédé d’emblée, avant de remercier le sous-préfet pour sa démarche de dialogue.Le promoteur a insisté sur le fait que l’autorité administrative disposait de toutes les autorisations nécessaires.

« Le sous-préfet pouvait se limiter à ses prérogatives administratives, mais il a préféré la concertation afin de trouver une solution consensuelle. Le projet répond à tous les critères et il est convaincu de ses avantages. S’il ne l’était pas, il n’aurait pas convoqué cette rencontre », a-t-il soutenu, appelant les populations à un esprit de dépassement pour permettre la réalisation du projet.De son côté, le sous-préfet, Youssoupha Gaye, a rappelé que le projet avait été validé par le conseil municipal d’alors.

« À l’unanimité des conseillers présents, une superficie de 1 000 hectares a été attribuée au promoteur, exclusivement destinée à une ferme agricole intégrée », a-t-il précisé, soulignant qu’aucune intention de détournement d’objectif n’a été relevée au cours de la procédure. « Un dossier complet a été transmis au représentant de l’État pour approbation. L’arrêté et le décret d’approbation existent. Toutes les étapes ont été respectées », a-t-il assuré.

Malgré ces explications, les populations ont campé sur leur position, rejetant catégoriquement le projet. Pour Saliou Kandé, coordonnateur du Front pour la défense des intérêts de la commune de Ouassadou, le projet ne correspond pas aux réalités locales. « Quand j’ai entendu le promoteur, j’ai eu peur. Avec tout le respect que je vous dois, nous ne sommes plus dans la Ouassadou d’il y a dix ou vingt ans », a-t-il déclaré, estimant que l’ensemble des villages concernés ont rejeté le projet lors de la rencontre.

« Le projet ne nous convient pas. Nous avons déjà vécu une expérience similaire dans le passé, où le promoteur n’avait pas tenu ses promesses », a-t-il dénoncé, mettant également en cause le choix du site qui « empiète » sur des zones vitales pour les populations. « C’est une zone de culture pour les agriculteurs et un espace de pâturage pour notre bétail », a-t-il expliqué.

Déterminé, Saliou Kandé a averti que les populations sont prêtes à se battre pour empêcher l’implantation du projet. « Nous avons peur des agrobusinessmen. Vous n’êtes pas les bienvenus ici. Nous sommes prêts à nous sacrifier pour préserver nos terres et défendre nos populations », a-t-il martelé.

Mamadou Lamine CAMARA