NON-RESPECT DES ENGAGEMENTS DE L’ÉTAT SUR L’INDEMNISATION DES IMPACTES DU TER: À Sébikotane, les populations crient leur ras-le-bol
Les populations impactées par le Train Express Régional de Dakar (TER) à Sébikotane sont descendues dans la rue pour dénoncer le non-respect des engagements de l’État concernant leur indemnisation. Elles réclament le paiement des compensations promises et la régularisation foncière, plusieurs années après le début du projet.
Les impactés du TER à Sébikotane ont manifesté pour exiger le respect des promesses gouvernementales liées à leur indemnisation. Selon Hamidou Diarra, coordonnateur des impactés du TER dans la localité, la situation est devenue intenable.
« Nous avons mené presque dix ans de lutte pour la première phase et cinq à six ans pour la deuxième phase. Ça suffit ! Nous estimons que l’État du Sénégal est en mesure de régler définitivement ce problème que nous vivons le long du tracé », a-t-il dénoncé.C’est dans ce contexte que les populations ont organisé, avant-hier, une manifestation pour interpeller les autorités sur l’urgence de respecter leurs engagements. «
La deuxième phase du tronçon Diamniadio-AIBD va bientôt démarrer. Nous voulons simplement alerter l’autorité afin qu’elle règle les doléances que nous traînons depuis des années », a ajouté M. Diarra.Précarité sociale et détresse des veuvesAu nombre de 250 000, les impactés réclament l’attribution effective de leurs parcelles ainsi que les titres fonciers correspondants. Prenant la parole au nom des veuves impactées, Adama Sarr a dressé un tableau sombre de leur quotidien.
« Les impactés du TER souffrent. Seules les personnes concernées peuvent comprendre ce que nous vivons. Les enfants de nombreux impactés ne vont plus à l’école. Nous survivons dans une précarité extrême. Jusqu’à présent, aucune promesse n’a été tenue », a-t-elle déploré.
Pour sa part, Awa Ndiaye, membre du collectif des impactés, a appelé l’État à corriger les anomalies relevées dans la mise en œuvre de la deuxième phase du projet, qui, selon elle, ne tient pas suffisamment compte des préoccupations des populations locales.
« Le TER ne peut pas traverser Sébikotane sans gare ni passerelle. Nous n’allons pas l’accepter », a-t-elle martelé.La manifestation s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont le député Guy Marius Sagna et le défenseur des droits humains Alioune Tine, venus apporter leur soutien aux populations impactées.
Mamadou Lamine CAMARA

